Le premier ministre Jean Charest
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a tenté de calmer le jeu, mercredi, au sujet de la controverse soulevée par les règlements de la loi 34 qui pourraient forcer des cliniques privées qui pratiquent l'avortement à fermer leurs portes.
Devant le tollé soulevé par les dispositions de la loi 34, le premier ministre Jean Charest assure que l'accès à l'avortement ne sera jamais remis en cause au Québec. Il réaffirme par ailleurs sa confiance dans le ministre de la Santé, Yves Bolduc.
M. Charest a assuré qu'il n'a pas du tout l'intention de rouvrir le débat sur l'avortement au Québec.
Le premier ministre a précisé que la loi 34 avait été adoptée dans la foulée du jugement de la Cour suprême dans l'affaire Chaoulli afin d'encadrer le privé dans le système de santé, mais qu'il n'était pas question de remettre en cause l'accès à l'avortement.
Vers un assouplissement
Cette sortie de Jean Charest ouvre la porte à un assouplissement de la loi 34 afin que les cliniques privées puissent continuer à offrir ce service.
Le premier ministre a ainsi rappelé que le ministre de la Santé, Yves Bolduc, malmené de toutes parts depuis l'éclatement de la controverse, avait demandé un avis au Collège des médecins sur les pratiques qui doivent être encadrées dans la loi.
Il a aussi indiqué que le ministre allait s'asseoir avec les intervenants concernés afin de s'entendre sur la meilleure façon de faire pour s'assurer que chaque femme puisse avoir accès à l'avortement. « Maintenant il s'agit de s'assurer que le service sera livré et il le sera », a juré M. Charest.
Le ministre Yves Bolduc
M. Charest a par ailleurs réitéré sa confiance « totale » en son ministre, dont la Fédération des médecins spécialistes du Québec réclame la démission.
Pour sa part, M. Bolduc n'a pu expliquer pourquoi l'interruption volontaire de grossesse faisait partie de la liste des chirurgies et services visés par la loi 34. Il a indiqué que la liste avait été établie avant son arrivée au ministère, il y a un peu plus d'un an.
Alors qu'en fin de semaine il jurait qu'il n'était pas question de revenir en arrière, il semble maintenant prêt à faire des changements à la loi. « C'est un ajustement qu'on doit faire. Il y a certaines choses trop exigeantes pour les cliniques d'avortement », a-t-il convenu mercredi.
Le ministre Bolduc croit pouvoir régler la question la semaine prochaine, lorsqu'il aura reçu les recommandations du Collège des médecins.