Gilles Duceppe
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a dénoncé mercredi l'opinion exprimée par le ministre d'État à la Réforme démocratique, Steven Fletcher, au sujet de l'opportunité d'accorder la subvention de 1,95 $ par vote obtenu au parti souverainiste.
Le chef du Bloc québécois affirme que le ministre conservateur a une attitude antidémocratique en laissant entendre que le parti souverainiste ne devrait pas bénéficier de la subvention par vote parce qu'il ne présente pas de candidats à l'extérieur du Québec.
Dans une entrevue accordée mardi à l'hebdomadaire Hill Times, le député manitobain a laissé entendre que le Bloc québécois, puisqu'il ne présente pas de candidats à l'extérieur du Québec, ne devrait pas avoir droit à cette subvention. Il a soutenu que des Canadiens d'autres provinces n'étaient pas contents que cette subvention constitue la majorité du financement du Bloc.
M. Fletcher reprenait ainsi une opinion exprimée dans une lettre envoyée au quotidien The Globe and Mail par un ancien conseiller de l'ex-premier ministre Brian Mulroney, Andrew Stark. Celui-ci croit qu'il s'agirait d'un moyen de mettre fin au cycle de gouvernements minoritaires à Ottawa.
Gilles Duceppe a interprété les propos de Steven Fletcher comme une attaque en règle contre son parti. En entrevue à RDI, le chef du Bloc québécois a qualifié d'« antidémocratique » l'attitude du ministre conservateur.
Le lieutenant politique des conservateurs au Québec, le ministre Christian Paradis, a déclaré mardi que le retrait des subventions s'appliquerait à tous les partis. M. Duceppe a rétorqué qu'il n'en croyait rien, et a rappelé la crise politique qu'un projet similaire avait provoquée en novembre 2008.
Commençant sa tournée annuelle des régions, Gilles Duceppe a déclaré que c'est la population du Québec qui a décidé, en appuyant le Bloc depuis le début des années 90, de la pertinence de son parti à Ottawa. Incidemment, M. Duceppe célébrera jeudi le 19e anniversaire de sa première élection à titre de député.
Le ministre des Finances, Jim Flaherty, avait inclus le retrait des subventions aux partis dans son énoncé économique de novembre. Cela avait donné lieu à un front commun de l'opposition, qui menaçait de renverser le gouvernement de Stephen Harper et de former une coalition libérale-néodémocrate, avec l'appui du Bloc québécois. Seule la prorogation des travaux de la Chambre des communes avait empêché ce scénario de se concrétiser.