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PolitiqueAccès à l'avortement

La démission du ministre Bolduc réclamée

Mise à jour le mercredi 12 août 2009 à 9 h 07

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc

Photo: La Presse Canadienne /Peter McCabe

Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Yves Bolduc, ouvre la porte à un assouplissement des dispositions de la loi 34 afin de ne pas limiter l'accès à l'avortement dans les cliniques privées.

Les nouvelles dispositions de la loi 34 auraient pour effet de resserrer les normes touchant les cliniques privées qui pratiquent des interruptions volontaires de grossesse (IVG). Yves Bolduc se dit prêt à examiner le retrait de l'IVG de la liste des interventions chirurgicales encadrées par la loi 34, ou encore à modifier les critères du projet de loi touchant les IVG. Pour le ministre Bolduc, il n'est pas question de restreindre l'accessibilité à l'avortement et il se dit prêt à faire preuve de souplesse dans ce dossier.

Barrette réclame la démission du ministre

Le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Gaétan Barrette, a réfuté la déclaration du ministre selon laquelle aucun ordre professionnel ne s'était opposé aux nouvelles exigences imposées par la loi 34 aux cliniques d'avortement. Au contraire, affirme le Dr Barrette, tant les omnipraticiens que les spécialistes ont critiqué cette décision en commission parlementaire.

Ce nouveau désaccord entre MM. Bolduc et Barrette s'ajoute à la prise de bec survenue récemment sur la situation dans les laboratoires de pathologie, à la suite de la publication d'une étude révélant des marges d'erreur importantes dans les tests sur les marqueurs du cancer du sein.

Le Dr Barrette demande maintenant la démission du ministre Bolduc ou son congédiement. Le président de la FMSQ s'est adressé directement à Jean Charest mardi. « Comment se fait-il qu'après mensonge par-dessus mensonge, comme premier ministre, on accepte cette situation-là face au public? » a déclaré Gaétan Barrette.

Soulagés et perplexes

Entre-temps les médecins spécialistes qui pratiquent des IVG dans des cliniques privées se disent soulagés à la perspective qu'on assouplisse les normes. Mais, du même souffle, ils sont perplexes devant la place qu'a pris l'avortement dans l'ensemble du débat entourant la loi 34. La Dre Francine Léger de la clinique Morgentaler souhaite que l'ouverture manifestée par Québec permette de rediriger le débat vers des questions médicales plutôt que politiques.

De son côté, le Dr Claude Paquin de la clinique Femina qualifie « d'illogisme » les choix faits en matière d'avortement dans le contexte de la loi 34, une décision plus politique que médicale selon lui.

Devant la controverse soulevée par les nouvelles normes, le gouvernement québécois demande un nouvel avis au Collège des médecins, qui devrait le rendre public la semaine prochaine.

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