18 juin 2009
![]() PolitiqueAssurance-emploi Finley fustige la proposition libéraleMise à jour le jeudi 30 juillet 2009 à 20 h 08
La réforme de l'assurance-emploi - au coeur de l'entente qui a permis d'éviter des élections en juin dernier - continue de susciter la discorde entre libéraux et conservateurs. La ministre des Ressources humaines Diane Finley a catégoriquement fermé la porte mercredi à la proposition des libéraux d'abaisser à 360 heures le seuil d'admissibilité à l'assurance-emploi. Cette idée, dit-elle, est une « fabulation intellectuelle ». Le fait, c'est que les Canadiens ne peuvent pas supporter [financièrement] un point d'entrée à l'assurance emploi de neuf semaines. — Diane Finley La ministre a indiqué en marge du caucus conservateur que le chef libéral Michael Ignatieff devra faire des suggestions « concrètes, détaillées et financièrement responsables » s'il souhaite éviter une élection cet automne. Mme Finley a d'autre part souligné que son parti n'appuierait pas un projet susceptible d'entraîner une hausse des impôts « à un moment où les Canadiens peuvent le moins se le permettre ». Pas un mot sur les progrès du comité Cette position s'avère identique à celle que défendait le premier ministre Stephen Harper avant l'ajournement des travaux parlementaires en juin dernier. Mme Finley a refusé de discuter des éventuels progrès accomplis par le comité bipartite formé à la fin de la session parlementaire pour améliorer le régime d'assurance-emploi. Elle s'est contentée de dire que le groupe prévoyait faire rapport sur ses travaux à l'automne, comme prévu dans son mandat. J'ai espoir que nous trouverons un terrain d'entente, mais les libéraux devront abandonner cette idée du 360 heures. — Diane Finley Michael Ignatieff laisse planer la possibilité d'élections Le chef de l'opposition, Michael Ignatieff, a de son côté dressé un sombre portrait des travaux de ce comité, qui s'est réuni pour la première fois la semaine dernière, soit six semaines après sa mise sur pied. Le jour même de la rencontre, Michael Ignatieff a affirmé que son parti était prêt à faire preuve d'un peu de flexibilité sur le nombre d'heures, mais « très peu ». En plus du seuil d'admissibilité, les deux partis doivent se pencher sur l'élargissement du régime d'assurance-emploi aux travailleurs autonomes, et particulièrement aux nouvelles mamans qui ne sont pas salariées et qui n'ont donc pas droit à des prestations de maternité. « Cela fait six semaines que nous discutons avec ces gens et ils n'ont pas fait une seule suggestion sur la manière d'aider les travailleurs autonomes. Nous n'avons pas eu de discussions sérieuses », a déclaré Michael Ignatieff. Conséquence, le chef libéral a déclaré sur les ondes de CTV qu'il n'était « pas déraisonnable » d'envisager que son parti fasse tomber le gouvernement en septembre. Selon lui, 150 000 Canadiens sans emploi n'ont accès à aucun soutien financier du gouvernement fédéral, et la situation risque d'empirer d'ici la fin de l'année. Composition du comité
Les conservateurs divergent sur la récession Par ailleurs, les conservateurs ne s'entendent pas sur les perspectives de reprise de l'économie canadienne. Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a tenu à minimiser les attentes, en marge du caucus conservateur, en indiquant qu'il ne croyait pas que la récession était finie. Il contredit ainsi le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney. La veille, le ministre du Commerce international Stockwell Day avait lui aussi affirmé le contraire dans un article intitulé « La récession est finie », publié dans le Penticton Western News. Je ne rigole pas. La récession est finie. — Stockwell Day Et d'énumérer ses arguments: « Le fait est que l'économie prend du mieux. Les gens et les entreprises investissent en grand nombre. Le taux de chômage s'améliore à certains endroits et les chiffres pour l'immobilier montent d'un bout à l'autre du pays ». M. Day souligne malgré tout que des difficultés attendent encore les Canadiens sur le plan de l'économie. Interrogé plus tard à sa sortie de la réunion du caucus conservateur, le ministre Day a semblé plutôt se ranger derrière l'interprétation économique de son collègue aux Finances, en soulignant qu'il y avait toujours des gens au chômage. Radio-Canada.ca avec Presse canadienne |