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PolitiqueSanté

Des primes pour retenir les infirmières

Mise à jour le mardi 30 juin 2009 à 21 h 30

Le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc

Le ministre Yves Bolduc

Pour pallier la pénurie actuelle d'infirmières au Québec, le gouvernement de Jean Charest a décidé de délier les cordons de sa bourse et de mettre en place un programme d'incitatifs financiers.

Québec investira ainsi 113,8 millions de dollars au cours des trois prochaines années pour un système de primes promis lors de la dernière campagne électorale. Le programme sera réévalué en 2012.

Les nouvelles infirmières auxiliaires et infirmières obtiendront respectivement 2000 $ et 3000 $ par année si elles offrent un minimum de disponibilités pour travailler dans le réseau de la santé. On estime qu'environ 2000 nouvelles infirmières arrivent sur le marché du travail chaque année.

Le gouvernement offrira aussi une prime annuelle de 8000 $ aux infirmières sur le point de prendre leur retraite pour les retenir dans le réseau, au cours des trois prochaines années. De 1500 à 2000 infirmières pourraient prendre leur retraite chaque année, d'ici 2012.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, a expliqué qu'en retenant davantage de jeunes infirmières et de professionnelles plus expérimentées dans le réseau public, cela évitera de faire appel aux agences privées, ce qui entraîne des coûts beaucoup plus élevés. M. Bolduc a fait cette annonce à la Faculté des sciences infirmières de l'Université de Montréal.

En réponse à des questions des journalistes sur le choix d'un système de primes, le ministre Bolduc a affirmé que des augmentations salariales pour toutes les infirmières ne seraient pas un incitatif suffisant pour les attirer et les garder dans le réseau public. Il a indiqué que les salaires feraient partie des enjeux des prochaines négociations de conventions collectives avec les infirmières.

Une insulte, dit le syndicat

Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec

Régine Laurent, présidente du principal syndicat des infirmières

La présidente du plus important syndicat d'infirmières, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, a déclaré que la mesure choisie par le ministre était une insulte à la majorité des professionnels en soins. Selon Régine Laurent, le gouvernement ne vise pas la bonne cible.

« Tant qu'on n'agira pas sur les conditions de travail, sur l'organisation du travail et la stabilité des équipes, on n'agira pas sur la pénurie et on n'attirera pas des nouvelles dans la profession », a résumé Mme Laurent.

Une infirmière rencontrée par Radio-Canada estime qu'il s'agit d'une bonne nouvelle, tandis qu'une autre pense que des primes aux quarts de travail, de meilleures conditions et un meilleur salaire seraient préférables à l'approche choisie par le gouvernement du Québec.

Pour la directrice du centre Formation et expertise en recherche en administration des services infirmiers (FERASI), Danielle D'Amour, l'annonce de Québec est un bon point de départ. Mme D'Amour estime toutefois qu'il faudra une réorganisation en profondeur du travail, pour que les infirmières se sentent valorisées et aient envie de rester dans le réseau public de la santé.

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