Charest remanie son Cabinet

Fort de l'élection de deux nouveaux députés, le premier ministre du Québec, Jean Charest, remanie son Cabinet.

Au lendemain de son élection dans Marguerite-Bourgeoys, Clément Gignac accède au ministère du Développement économique, tandis que Claude Béchard, Laurent Lessard et Nathalie Normandeau obtiennent de nouvelles responsabilités.

Le nouveau député libéral de Marguerite-Bourgeoys, l'économiste Clément Gignac, accède au Conseil des ministres. Il devient ministre du Développement économique. Celui qui détenait cette responsabilité, Raymond Bachand, reste ministre des Finances.

Sébastien Bovet revient sur les annonces de M. Charest.

Autres changements:

  • Claude Béchard passe des Ressources naturelles à l'Agriculture, aux Pêcheries et à l'Alimentation. À la demande de Jacques Dupuis, il prend aussi en charge le portefeuille des Affaires intergouvernementales canadiennes;
  • Nathalie Normandeau laisse les Affaires municipales pour les Ressources naturelles et la Faune;
  • Laurent Lessard quitte l'Agriculture pour les Affaires municipales, les Régions et l'Occupation du territoire.

L'ex-maire de Rivière-du-Loup, Jean D'Amour, qui a gagné l'élection dans l'ancienne circonscription de Mario Dumont, n'accède pas, pour le moment, au Conseil des ministres.

Les choix de Jean Charest

Lors de la conférence de presse qui a suivi l'assermentation des ministres, le premier ministre a justifié ses choix.

Le premier ministre a estimé que la nomination de Clément Gignac, qui fait aussi son entrée au comité des priorités économiques, avait pour objectif de renforcer l'économie de la province.

M. Gignac a été le seul ministre à intervenir lors de la conférence de presse pour se défendre au sujet de son récent passé de fonctionnaire fédéral. Il a indiqué que son parcours de fonctionnaire ne remettait pas en cause son attachement aux intérêts du Québec.

Avant de se lancer en politique, M. Gignac a travaillé comme conseiller spécial pour le sous-ministre des finances à Ottawa. Il a notamment été appelé à préparer l'argumentaire du ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, qui a fait lundi un autre pas vers la création d'une commission nationale des valeurs mobilières.

L'ancienne ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget, s'opposait à ce projet, qui entraînerait la disparition de l'Autorité des marchés financiers au Québec.

Béchard, dans « un esprit de collaboration »

M. Charest a défendu la nomination de Claude Béchard au ministère de l'Agriculture en indiquant que le nouveau ministre a les compétences requises pour cette fonction. Il a également affirmé que son gouvernement travaillera « sur la base des rapports » dans « un esprit de collaboration » avec le monde agricole.

Pour ce qui est de la nomination de Laurent Lessard au ministère des Affaires municipales, M. Charest a jugé que M. Lessard était « destiné » à ce portefeuille en raison de sa connaissance et de son expérience de l'univers municipal.

Selon certains observateurs, en changeant M. Lessard de ministère, le premier ministre aurait répondu aux voeux de l'Union des producteurs agricoles (UPA) qui, semble-t-il, avait du mal à travailler avec Laurent Lessard.

Le premier ministre a affirmé que la nomination de Nathalie Normandeau au ministère des Ressources naturelles était un « signal fort » montrant la volonté affichée du gouvernement pour le développement du territoire.

Commentant le résultat des élections, Jean Charest a estimé que les électeurs ont donné un « signal » au gouvernement pour « continuer dans le même sens », c'est-à-dire donner la priorité à l'économie, selon lui.

Fin de la parité

Enfin, le Conseil des ministres perd la parité homme-femme. Il y a désormais 12 femmes et 14 hommes dans le nouveau Cabinet de l'équipe libérale.

M. Charest a indiqué qu'il devait « renoncer temporairement » à cet objectif. « La parité ne peut pas être un absolu », a argué le premier ministre.

Réactions au remaniement

Les premières réactions au remaniement du Cabinet de M. Charest sont venues de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) et de la Fédération des femmes (FFQ).

La FFQ déplore que le premier ministre n'ait pas restauré la parité homme-femme. C'est sous son gouvernement, en 2006, que le Québec avait adopté une loi pour assurer la parité femme-homme dans les conseils d'administration des sociétés d'État. « Comment interpréter qu'aujourd'hui le premier ministre n'applique pas la même règle? » s'interroge Michèle Asselin, présidente de la FFQ.

Par ailleurs, l'UMQ a félicité le nouveau ministre des Affaires municipales Laurent Lessard et lui offre son « entière collaboration ». Le président de l'UMQ, Robert Coulombe, a demandé au nouveau ministre de doter les municipalités d'une « fiscalité du 21e siècle ».

Dans un communiqué, l'UPA a indiqué que les agriculteurs ne s'étaient pas mobilisés contre un seul individu, soit Laurent Lessard. L'UPA estime que les négociations sur les programmes de soutien agricole et sur le renouvellement de la convention de la Financière agricole devraient prendre une tournure positive avec Claude Béchard comme interlocuteur.

L'UPA a cependant précisé qu'elle ne ferait pas d'autres commentaires, parce qu'elle ne veut pas personnifier le débat.