Le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, a décidé de mettre de la pression sur le gouvernement conservateur de Stephen Harper, à quelques jours de la fin de la session parlementaire.
Le chef libéral Michael Ignatieff pose des conditions à son appui au gouvernement Harper pour le vote de confiance sur les crédits budgétaires qui doit avoir lieu à la fin de la semaine.
M. Ignatieff a annoncé lundi matin qu'il posait une série de conditions au premier ministre pour l'assurer de son appui en Chambre pour le vote de confiance sur les crédits budgétaires qui doit avoir lieu à la fin de la semaine.
Faute de réponses aux questions de l'opposition officielle, le Parti libéral est prêt à voter, tout comme le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique, contre les crédits budgétaires du gouvernement. Ce la provoquerait sa chute et précipiterait le pays dans des élections générales. Ce scrutin aurait lieu vraisemblablement le 27 juillet prochain.
Michael Ignatieff a insisté pour dire que c'est le premier ministre Stephen Harper qui fera le choix de provoquer ou non des élections. Le chef libéral propose même d'allonger la session parlementaire, si cela permet au gouvernement Harper de faire ce qui est nécessaire.
M. Ignatieff a rappelé la crise politique de décembre dernier, où la formation d'une coalition libérale-néo-démocrate, avec l'appui du Bloc québécois, ne s'était pas concrétisée, en raison de la prorogation des travaux du Parlement.
Les demandes d'Ignatieff
Duceppe en veut plus
En point de presse, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a estimé que les demandes de Michael Ignatieff étaient insuffisantes, surtout pour le Québec. Selon le chef bloquiste, son homologue libéral n'a fait aucune mention de la nécessité d'aider le secteur forestier, se contente de demandes timides en matière d'assurance-emploi, et ne parle pas du refus du gouvernement de payer une compensation au Québec pour l'harmonisation de la TPS avec sa TVQ.
M. Duceppe pense que la réponse de M. Ignatieff se résume à demander trois rapports, sur l'assurance-emploi, sur les infrastructures et sur les finances publiques.
Gilles Duceppe se désole que le chef libéral ne parle que de ramener le seuil d'admissibilité à l'assurance-emploi à 360 heures, sans mentionner le délai de carence de deux semaines avant de recevoir des prestations. M. Duceppe estime qu'en obtenant de l'argent plus rapidement, les personnes sans emploi peuvent la réinjecter dans l'économie plus rapidement.
Sur l'opportunité de déclencher des élections estivales, le chef du Bloc québécois pense que « les chômeurs qui n'ont pas d'argent pour aller en vacances » sont plus importants que « les journalistes qui ont encore leur paye ».
L'assurance-emploi, priorité de Layton
De son côté, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, s'en est pris pour sa part à la fois aux conservateurs et aux libéraux, qu'il accuse de ne rien proposer de concret pour améliorer le régime d'assurance-emploi.
M. Layton a rappelé le débat entourant le budget, il y a cinq mois, et se demande pourquoi Michael Ignatieff a décidé de le laisser passer, moyennent des rapports d'étape trimestriels du gouvernement. Le chef du NPD estime que la réponse donnée aujourd'hui par le chef libéral est plutôt faible.
M. Layton a affirmé qu'en raison de l'inaction du gouvernement Harper en matière d'assurance-emploi et pour rendre disponibles les fonds destinés aux projets d'infrastructure, il ne pourra appuyer les crédits budgétaires lors du vote de confiance de vendredi prochain.
Le chef néo-démocrate a toutefois laissé une porte légèrement ouverte, en disant qu'il était ouvert à discuter d'un amendement au projet de loi du NPD pour modifier le régime d'assurance-emploi.
Au sujet de la possibilité d'élections en plein été, Jack Layton a martelé que la véritable question était de savoir si Stephen Harper allait agir concernant l'assurance-emploi.