Régis Labeaume: des affaires à la mairie

Ahmed Kouaou
Radio-Canada
Régis Labeaume à Bordeaux, en France Régis Labeaume à Bordeaux, en France  Photo :  AP/Bob Edme

En novembre 2008, en faisant le bilan de sa première année à la tête de la mairie de Québec, Régis Labeaume disait retenir notamment cette leçon: tourner sa langue sept fois avant de parler.

Admirateur de Winston Churchill pour son franc-parler, le flamboyant maire n'a pas la langue dans sa poche. Fougueux et impétueux par moments, l'homme de 53 ans n'est pas un grand adepte de la langue de bois ou des subtilités langagières quand il s'agit d'exprimer sa pensée.

Depuis son élection en octobre 2007, il a multiplié écarts de langage et incartades, sans pour autant perdre le capital de sympathie qu'il a su bâtir avec son style singulier. On se rappellera notamment ses propos cinglants sur la ministre fédérale Josée Verner. « Je m'entends bien avec Mme Verner, mais il y a des fois où je la battrais », avait-il lancé crûment sur le plateau de Bazzo.tv. Il voulait exprimer son mécontentement après les compressions du gouvernement conservateur dans le secteur de la culture.

D'autres gaffes ont ponctué les déclarations de Régis Labeaume, dont celles sur l'Afghanistan, où « les femmes sont moins importantes que les chèvres », ou encore sur les syndicats « fourreurs du système ».

Un maire populaire

Populaire, le maire de Québec est la coqueluche des médias québécois. Régis Labeaume occupe en effet la 10e place dans la liste des personnalités les plus médiatisées au Québec, en 2008, selon Influence Communications. Dans ce classement, il côtoie, entre autres, Barack Obama, Guy Carbonneau, Alex Kovalev, Stephen Harper et Jean Charest.

Dans une autre étude pour connaître le poids médiatique de 11 maires québécois, Influence Communications nous apprend que M. Labeaume s'accapare 54,4 % des couvertures médiatiques au Québec, suivi par le maire de Montréal Gérald Tremblay avec un maigre 17,08 %. L'étude s'était basée sur 68 000 textes et reportages diffusés entre le 1er avril 2008 et le 31 mars 2009.

Faire rayonner Québec

Orateur imprudent, M. Labeaume s'est toutefois révélé un homme d'action efficace. On lui doit notamment la retentissante prouesse des festivités du 400e anniversaire de la ville de Québec, pendant lesquelles a eu lieu le XIIe Sommet de la Francophonie et se sont produits, sur les plaines d'Abraham, Paul McCartney et Céline Dion. L'événement a été un tel succès que la Ville a décidé de diffuser à nouveau, en 2009, l'envoûtant Moulin à images de Robert Lepage.

Soucieux de faire de Québec une plaque tournante du tourisme et la ville la plus attrayante au pays, le maire Labeaume a pu convaincre le Cirque du Soleil d'offrir des spectacles gratuits dans la Vieille Capitale, durant cinq ans, et ce, dès l'été 2009.

Pour atteindre son objectif, Régis Labeaume ne recule devant rien. Il n'a pas hésité à acheter une caisse de boissons énergisantes Red Bull pour contribuer, à sa manière, à maintenir dans sa ville la tenue de l'événement sportif hivernal Red Bull Crashed Ice.

La réorganisation de la ville ainsi que la négociation des conventions collectives sont aussi d'importants dossiers sur lesquels travaille le maire Labeaume. Des conflits n'ont pas tardé à surgir avec les syndicats des policiers, des pompiers et des cols bleus.

À long terme, le premier responsable de la Ville de Québec ambitionne d'« industrialiser la connaissance », en encourageant la commercialisation des produits du secteur de l'innovation technologique.

Un parcours intense

égis Labeaume remet la médaille de la Ville de Québec à Céline Dion. Régis Labeaume remet la médaille de la Ville de Québec à Céline Dion.  Photo :  PC/Clement Allard

Originaire de Roberval, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Régis Labeaume est né le 2 mai 1956 et a grandi à Duberger, en banlieue de Québec. Il est père de trois enfants.

Diplômé en sociologie de l'Université Laval, il a été conseiller politique de l'ancien ministre péquiste Jean-François Bertrand, de 1980 à 1985. Il s'est lancé par la suite dans le monde des affaires, en devenant notamment président-fondateur de la société minière Mazarin, de 1985 à 1993.

Très actif, il a été PDG de la Fondation de l'entrepreneurship et s'est engagé dans plusieurs projets de haute technologie, dont ceux d'Innovatech Québec et TSO3 inc. Il a été aussi consultant auprès d'entreprises étrangères désirant s'établir au Québec.

Régis Labeaume a également siégé aux conseils d'administration d'Hydro-Québec, de la Fondation de l'Université Laval et du Pignon Bleu, une organisation soutenant des familles et des enfants de la Basse-Ville de Québec.

Chargé de mission à la Cité de l'optique, de 2000 à 2003, il a coprésidé la campagne Centraide dans la région de Québec, en 2002, et a présidé le Festival d'été de Québec, en 2003 et 2004.

En 2005, il a décidé de renouer avec la politique en tentant, sans succès, de devenir chef du parti Renouveau municipal de Québec. Il avait été défait grâce à une alliance entre Ann Bourget et Claude Larose. Après le décès de la mairesse Boucher, en août 2007, il s'est lancé comme candidat indépendant dans la course à l'Hôtel de Ville et est devenu le 37e maire de Québec avec 59 % des voix, à l'issue des élections municipales du 2 décembre 2007.