La ministre Lisa Raitt a refoulé quelques sanglots en point de presse.
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PC/Adrian Wyld
Après plusieurs jours de controverse sur la colline du Parlement, à Ottawa, la ministre des Ressources naturelles Lisa Raitt a offert des excuses publiques pour ses propos controversés dévoilés par un journal néo-écossais, l'Halifax Chronicle.
La ministre des Ressources naturelles s'excuse auprès des patients atteints du cancer pour avoir qualifié de « sexy » le dossier des isotopes médicaux, dans une conversation privée publiée dans les médias.
Dans cette conversation qui aurait été enregistrée « par inadvertance », la ministre qualifiait la crise des isotopes médicaux, dont la pénurie a été causée par la fermeture temporaire du réacteur de Chalk River, de « sexy ».
En point de presse, mercredi, la ministre Raitt a rappelé que son père et son frère étaient morts du cancer. Elle a promis de continuer à travailler à régler cette crise qui touche ou pourrait toucher de nombreux patients atteints du cancer.
La député libérale Carolyn Bennett, elle-même médecin de formation, a réitéré le message de l'opposition officielle en réclamant la démission de la ministre Raitt, qu'elle juge incompétente.
À la Chambre des communes, les partis d'opposition ont continué de talonner la ministre et de lui demander quand les Canadiens auraient accès à des isotopes pour leurs traitements et leurs examens pour le cancer.
Pas de solution à court terme
En entrevue à RDI, le Dr Jean-Paul Soucy, spécialiste en médecine nucléaire au Centre hospitalier de l'Université de Montréal, a expliqué que la fermeture, pour au moins trois mois, du réacteur ontarien de Chalk River, l'un des principaux producteurs d'isotopes médicaux au monde, entraînait de nombreuses annulations de rendez-vous pour des patients atteints du cancer.
Le Dr Soucy a expliqué que les réacteurs toujours actifs en Afrique du Sud et en France ne pouvaient suffire à la demande. Le marché des isotopes médicaux n'est pas énorme, environ 300 millions de dollars à l'échelle mondiale, et les producteurs sont peu nombreux.
Qui plus est, le design de deux réacteurs construits récemment au Canada ne permet pas la production de l'isotope utilisé en médecine nucléaire. Certains réacteurs ailleurs dans le monde pourraient être adaptés pour en produire, mais, d'après le Dr Soucy, cela ne pourrait arriver qu'à moyen terme.