![]() En profondeur
Journaliste:Ahmed Kouaou Mise à jour le mardi 20 octobre 2009 à 11 h 01 Un candidat en mode défensifHomme affable et poli, Gérald Tremblay cultive l'image d'un maire dévoué à sa ville et à ses résidents. Il ne se lasse jamais de serrer des mains ou d'échanger quelques mots, souvent rassurants, avec un quidam qui l'aborde dans la rue. Il doit, en partie, sa réélection en 2005 à cette impression qu'il donne d'un maire consciencieux et constamment à l'écoute.
Élu pour la première fois en 2001, aux dépens de Pierre Bourque, il ambitionne d'être réélu en 2009, même si son image se trouve quelque peu amochée par des irrégularités à la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM), par les questions d'éthiques soulevées par l'attribution du contrat des compteurs d'eau de 355 millions de dollars, et par les séjours de son ex-bras droit Frank Zampino sur le bateau de Tony Accurso, un influent homme d'affaires, sous-traitant de la Ville et dont les accointances avec la FTQ-Construction ont défrayé la chronique. Mais derrière les allures d'un homme placide et passif, Gérald Tremblay peut surprendre par sa grande combativité. Il défend invariablement sa politique municipale et son équipe avec l'assurance et la rectitude du timonier qui refuse de quitter le navire en pleine tempête. Accablé par les critiques dans la saga du contrat douteux des compteurs d'eau, il vole au secours de son personnel et de son intégrité, et martèle, parfois avec une certaine candeur, qu'un code d'éthique mettrait son administration à l'abri de toutes les malversations. Sans doute devra-t-il étoffer davantage son argumentaire face à son adversaire Louise Harel, qui s'est lancée dans la course à la mairie de Montréal. Outre ces récentes révélations, Gérald Tremblay doit aussi défendre ses deux mandats à la tête de la mairie, notamment sa gestion de la nouvelle Ville de Montréal après les défusions auxquelles il s'est opposé, ses bras de fer répétés avec le syndicat des cols bleus et, surtout, le départ du Grand Prix du Canada de Montréal. Au chapitre des réalisations, Gérald Tremblay peut se targuer d'avoir gardé à Montréal l'hôpital des Shriners et les Championnats mondiaux aquatiques. Il estime aussi avoir contribué à rendre la ville plus propre, même s'il est souvent contredit sur ce point. L'attrait de la politique
Gérald Tremblay est né le 20 septembre 1942, à Ottawa, mais il a grandi à Montréal. Après des études de droit à l'Université d'Ottawa, en 1969, il est admis au Barreau du Québec une année plus tard. Il est aussi titulaire d'une maîtrise en administration des affaires (MBA) obtenue, en 1972, de la prestigieuse Harvard Business School, à Boston. Avant de faire le saut en politique, Gérald Tremblay a occupé d'importantes responsabilités. Il a été, entre autres, analyste financier et de crédit chez Dun & Bradstreet of Canada Limited, directeur général d'une firme-conseils membre du Groupe Sobeco Ernst & Young, professeur et chargé de cours à l'École des hautes études commerciales (HEC), vice-président directeur de la Fédération des caisses d'entraide économique du Québec, et PDG de la Société de développement industriel (SDI). C'est le gouvernement Robert Bourassa qui fait appel à lui pour diriger la SDI, en 1986, avant de lui confier un siège aux conseils d'administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec et d'Hydro-Québec. En 1989, Gérald Tremblay décide de faire de la politique active et se fait élire député libéral d'Outremont. De 1989 à 1994, il occupe les fonctions de ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie dans le Cabinet Bourassa - du 11 octobre 1989 au 11 janvier 1994 - et dans le gouvernement Johnson (Daniel, fils) - du 11 janvier au 26 septembre 1994. De son mandat ministériel, on retiendra notamment son concept des grappes industrielles, qui consiste à regrouper plusieurs entreprises d'un même secteur. Il est aussi à l'origine de l'ouverture des magasins le dimanche. Réélu en 1994, il préside la commission parlementaire de l'économie et du travail jusqu'en 1996, puis démissionne de son poste de député. Mal à l'aise dans l'opposition, M. Tremblay avait expliqué aussi qu'il se sentait mal à l'aise pendant la campagne référendaire de 1995, en raison du manque de propositions constitutionnelles précises du camp du non. « J'aurais aimé une approche plus constructive en faveur d'un Québec plus fort au sein d'un Canada uni et prospère », avait-il dit alors. En 2001, après un retour à l'enseignement universitaire, il se lance en politique municipale et fonde Union Montréal. Il se fait élire pour la première fois au terme des élections municipales de novembre 2001. |