À la Chambre des communes, les libéraux et les conservateurs ont défait le projet de loi du Bloc québécois ayant pour but de faire appliquer la loi 101 dans les entreprises fédérales du Québec. Les néo-démocrates ont pour leur part appuyé le projet de loi C-307, déposée en février dernier par le leader parlementaire bloquiste Pierre Paquette.
Une majorité de députés de la Chambre des communes rejettent le projet de loi du Bloc québécois ayant pour but de faire appliquer la loi 101 dans les entreprises fédérales du Québec.
Le projet de loi a été défaite par 76 voix et 199 voix contre. Les chefs libéral Michael Ignatieff et conservateur Stephen Harper étaient tous deux absents au moment du vote.
Gilles Duceppe
Pour le chef bloquiste Gilles Duceppe, ce vote démontre que la reconnaissance de la nation québécoise par les conservateurs et libéraux n'est que symbolique.
« Ça démontre que les conservateurs et les libéraux, quand ils reconnaissent la nation québécoise, ce n'est que symbolique. Mais dès que l'on propose des choses concrètes à cette reconnaissance, comme la langue - on ne peut pas reconnaître une nation sans reconnaître sa langue - ils sont contre », a-t-il déclaré.
Selon M. Duceppe, les libéraux sont en contradiction car ils affirment appuyer la loi 101, mais s'opposent à son application dans les institutions fédérales. Un argument réfuté par le porte-parole libéral en matière de langues officielles, Pablo Rodriguez, qui souligne qu'une loi provinciale, comme la loi 101, ne peut pas avoir préséance sur la loi fédérale ordonnant le respect des deux langues officielles.
« Ce projet de loi-là, en plus de brimer les droits de la minorité anglophone [du Québec], vient ouvrir la porte et permettre aux autres provinces de dire qu'elles aussi ne veulent plus offrir de services en français. [...] Et à cause de cela, on risque de ne pas avoir plus de français, au contraire, on risque d'avoir moins de français à travers le Canada. Et c'est pour cela qu'on s'y oppose », a-t-il affirmé.
Mais le chef bloquiste a rejeté cette explication. « La loi 101 n'empêche d'aucune façon qu'il y ait des services en anglais. Mais elle dit que la langue officielle, la langue de travail, doit être le français. Dans les hôpitaux et les CLSC, il y a aussi des services en anglais, mais la langue de service est le français », a-t-il fait valoir.