Conseil général de l'ADQ
Le prochain chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ) sera connu le 18 octobre prochain.
Réunis pour la première fois depuis la dégelée électorale de décembre dernier, les militants de l'ADQ ont choisi la date du 18 octobre prochain pour l'élection de leur nouveau chef.
Les militants adéquistes, réunis à Québec pour leur premier conseil général depuis l'amère défaite subie lors de la dernière élection, ont finalement tranché. Ils renversent ainsi la décision prise par leur propre comité executif, qui avait fixé l'élection à février 2010.
Le chef sera choisi par un vote téléphonique qui se tiendra du 16 au 18 octobre.
Cette décision de devancer l'élection du successeur de Mario Dumont a donné lieu à un débat animé. L'ancien député Sébastien Proulx a en vain plaidé pour que le parti prenne son temps, soulignant le piètre état de ses finances et de son membership.
Jean Allaire, cofondateur de l'ADQ, a pour sa part souligné qu'il n'était bon ni pour le parti, ni pour sa perception dans la population, qu'il reste sans chef trop longtemps.
Une succession disputée
Gilles Taillon
Jusqu'ici, trois candidats sont officiellement en lice pour succéder à Mario Dumont à la tête de l'ADQ. Tout d'abord, on retrouve Gilles Taillon, ancien président du Conseil du patronat et ex-critique de la défunte opposition officielle adéquiste, qui se présente sans surprise comme « candidat de l'économie ».
L'ancien bras droit de Mario Dumont, défait en décembre, bénéficie notamment de l'appui du député de Shefford, François Bonnardel.
Son principal adversaire, le député de La Peltrie, Éric Caire, bénéficie de l'appui de plusieurs anciens députés adéquistes. Il se présente comme un candidat de centre droit et remet en cause le modèle social québécois.
Le Québec est devenu un « gros GM social », disait-il le 21 avril dernier, et il aura besoin de « traitements douloureux » pour sortir de son marasme.
Le troisième candidat dans la course est l'ex-député de Lévis, Christian Lévesque, un ancien président de la Chambre de commerce de Lévis.
Lors de discours prononcés en matinée, dimanche, les trois hommes ont décoché leurs flèches tant contre le PQ que le PLQ.
Éric Caire a raillé la prétention de Jean Charest qui s'est érigé en bâtisseur, tandis que Gilles Taillon a appelé les adéquistes à ne pas se laisser berner par le PQ avec sa proposition de tenir des référendums sectoriels, et qu'eux seuls sont les vrais autonomistes.
Gérard Deltell
Gérard Deltell candidat?
Un quatrième aspirant pourrait cependant bientôt ajouter son nom à la liste de successeurs éventuels à Mario Dumont. Le député de Chauveau, Gérard Deltell, affirme en effet subir de plus en plus de pression pour se lancer dans la course.
« Mon intention actuelle est toujours la même, c'est-à-dire de ne pas être candidat à la chefferie, mais c'est clair que, oui, j'ai énormément de pression », a-t-il reconnu.
Revoir les valeurs adéquistes
Le conseil général se voulait aussi une occasion pour réviser les valeurs adéquistes. Le parti a en effet une longue côte à remonter, après une défaite dans les urnes qui a vu son caucus fondre de 41 à 7 députés.
Sylvie Roy, chef par intérim de l'ADQ
La chef intérimaire, Syvie Roy, a d'ailleurs voulu donner le ton dès l'ouverture du conseil pour secouer les troupes. « On traverse une étape cruciale. Votre implication sera le moteur de ce moment charnière qui modifiera le visage de notre parti », a-t-elle déclaré.
L'animateur de radio et ex-candidat adéquiste dans Deux-Montagnes, Jean-François Plante, qui a annoncé qu'il ne sera pas candidat à la direction, croit que le parti doit cesser de plaire à tous et retrouver ses idées de droite. Une opinion partagée par le président de l'Institut économique de Montréal, Michel Kelly-Gagnon, qui estime lui aussi que la pertinence de l'ADQ réside dans ses idées de droite.
Gilles Taillon voit les choses autrement. Selon lui, l'ADQ « est un parti de centre droit. Plus à droite au plan économique, mais au centre au plan social ».
Dernier hommage à Mario Dumont
L'ancien chef et cofondateur du parti, Mario Dumont, est venu s'adresser samedi une dernière fois aux militants. M. Dumont a reconnu que son parti était maintenant à la croisée des chemins.
Lors d'un dernier point de presse, Mario Dumont a déclaré être satisfait de la tournure prise par la course à la direction du parti. Selon lui, les personnes en lice pour le remplacer sont de haut calibre.
En soirée, les militants adéquistes ont rendu un dernier hommage à leur ex-chef lors d'une cérémonie tenue à huis clos.