Chaput doit partir

Jean-Guy Chaput Jean-Guy Chaput

Le conseil d'administration de la Société de développement des entreprises culturelles recommande à l'unanimité le départ du PDG Jean-Guy Chaput, critiqué dans un rapport du vérificateur général.

Le président de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), Jean-Guy Chaput, devra partir. Ainsi en a décidé à l'unanimité le conseil d'administration de la SODEC, qui se penchait sur son cas, vendredi.

« Devant l'ampleur du débat qui a suivi la publication du rapport du vérificateur et face à l'urgence de rétablir le cours normal des activités de la SODEC, le conseil d'administration est d'avis que M. Chaput n'a plus la légitimité requise pour assumer son rôle au sein de la SODEC. En conséquence, nous avons unanimement conclu de recommander le départ de M. Chaput », a déclaré le président du conseil d'administration, Jean Pronovost.

Le conseil recommande donc à la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, de congédier M. Chaput, tout en respectant les règles de son contrat.

Un candidat pour assurer l'intérim à la présidence de la SODEC a déjà été pressenti, mais le conseil d'administration refuse, pour l'instant, de dévoiler son identité, car la personne en question n'a pas encore été approchée.

Le contrat de Jean-Guy Chaput vient à échéance le 2 octobre prochain.

La semaine dernière, un rapport du vérificateur général, Renaud Lachance, soulignait d'importantes lacunes dans le contrôle des dépenses et l'accès interne à l'information sur la gestion de l'organisme.

Au conseil des ministres de trancher

Vendredi soir, Mme St-Pierre a déclaré qu'elle soumettrait la recommandation du conseil d'administration de la SODEC au prochain conseil des ministres.

Rappelons qu'à la suite de la publication du rapport, la ministre Christine St-Pierre avait déclaré que Jean-Guy Chaput n'avait plus l'autorité morale pour diriger la société d'État.

Le premier ministre Jean Charest avait lui aussi désavoué M. Chaput.

Des explications non convaincantes

Mardi dernier, Jean-Guy Chaput s'était défendu et avait fait part de son intention de rester en poste, affirmant qu'il n'y a pas eu d'exagération dans les frais de la SODEC. Ses explications n'ont visiblement pas convaincu le conseil d'administration.

« Les explications de M. Chaput ont mis les choses dans leur contexte, mais n'ont pas pu nous faire oublier que dans la conjoncture, sa légitimité est assez compromise pour l'empêcher de remplir efficacement les devoirs de ses fonctions. » — Jean Pronovost, président du C.A. de la SODEC

C'est le président du C.A. de la SODEC qui avait demandé au vérificateur général d'enquêter sur l'organisme.

Vendredi, le conseil d'administration de la SODEC a déclaré que la gestion de fonds publics devait faire l'objet d'une gestion rigoureuse. Il a ainsi adopté les recommandations du conseil de vérification en ce qui a trait à l'élaboration et la mise en place de meilleurs contrôles de dépenses et de gestion.