Blâme sévère contre la SODEC

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, lors du dépôt de son rapport à l'Assemblée nationale, le 21 mai 2009   © PC/Clément Allard

Un rapport du vérificateur général du Québec publié jeudi critique sévèrement les gestionnaires de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).

La gestion de la Société de développement des entreprises culturelles, et surtout ses allocations de dépenses irrégulières, est montrée du doigt dans un rapport du vérificateur général du Québec. Un constat préoccupant selon la ministre de la Culture.

Le vérificateur Renaud Lachance souligne d'importantes lacunes dans le contrôle des dépenses et l'accès interne à l'information sur la gestion de l'organisme. M. Lachance a présenté plusieurs exemples frappants à l'appui de ses dires.

Le bureau montréalais de la SODEC n'a pas le détail des activités de son commissariat à Paris et des dépenses de ce dernier lors d'événements majeurs. « Par exemple, une facture indiquait une dépense de plus de 80 000 $ justifiée uniquement par la mention "prestation de restauration", sans plus de détails », explique le vérificateur dans son rapport.

Autre exemple, les frais de déplacement du président et chef de la direction de la SODEC, Jean-Guy Chaput, dépassent et sont parfois même le double des montants d'autres personnes voyageant au même moment, pour le même événement.

M. Chaput est en ce moment au Festival de Cannes, où sa chambre coûte 1300 $ la nuit. Selon Renaud Lachance, une chambre avec vue sur mer n'était peut-être pas nécessaire pour que le président de la SODEC puisse accomplir ses fonctions.

À cet effet, la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, envisage de demander au PDG de la SODEC, Jean-Guy Chaput, de rembourser des dépenses jugées exagérées par le vérificateur général.

De plus, lors de déplacements au Québec, des employés de la SODEC ont remis, dans près des deux tiers des cas, des notes d'hôtel supérieures aux normes établies par l'organisme.

Enfin, 200 000 $ en frais de déplacement ont été insérés dans les dépenses de programmes d'aide financière, ce qui pourrait donner l'impression qu'il s'agissait d'aide versée au milieu culturel. Renaud Lachance qualifie cette façon de procéder « d'inappropriée ».

M. Lachance a indiqué que la SODEC avait promis de revoir ses pratiques de gestion. C'est le président du conseil d'administration de la SODEC, Jean Pronovost, qui a demandé au vérificateur général d'enquêter sur l'organisme, ce qui est tout à son honneur, a souligné Renaud Lachance.

Retard dans les dossiers médicaux informatisés

Par ailleurs, le vérificateur souligne que les retards s'accumulent dans le projet d'informatisation des dossiers médicaux au Québec.

De plus, on ne connaît pas encore le coût total du projet. Lors de l'annonce du projet, financé conjointement par Québec et Ottawa, on évaluait l'investissement requis à 563 millions de dollars sur deux ans.

Le vérificateur rapporte que des régions créent présentement leur propre système d'informatisation des dossiers, alors que le gouvernement n'a pas déterminé comment il allait faire le pont entre les approches régionales et la sienne. Selon Renaud Lachance, il existe donc un risque que les utilisateurs et les prestataires de services n'adhèrent pas au Dossier de santé du Québec centralisé du ministère.

L'échéance pour implanter le dossier de santé informatisé a été repoussée de 2010 à juin 2011. Le vérificateur regrette que le ministère se contente d'un objectif de 5500 utilisateurs de son système dans cinq à huit régions en 2010, et n'ait pas prévu d'échéancier pour desservir les 37 000 utilisateurs visés à terme, dans 18 régions.

Les autres chapitres du rapport du vérificateur général signalent des lacunes dans les services et subventions aux entreprises, au ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, dans les mesures gouvernementales pour attirer des investissements étrangers au Québec et à l'Institut national de santé publique du Québec.