Des manifestants défilent à l'occasion de la Journée des patriotes le 18 mai 2009.
Au Québec, lundi marque la Journée nationale des patriotes.
Le 18 mai 2009, c'est la Journée nationale des patriotes au Québec. Cette fête à caractère politique honore la mémoire des Canadiens français qui ont participé aux rébellions de 1837-1838.
À Montréal, une marche a eu lieu en après-midi en hommage aux patriotes de 1837-1838.
Un spectacle extérieur gratuit a été présenté en après-midi, au parc du Mont-Royal. Les députés Amir Khadir (Québec solidaire), Maria Mourani (Bloc québécois) et Martin Lemay (Parti québécois) ont pris la parole ainsi que Mario Beaulieu et l'historien Marcel Tessier.
De son côté, le Rassemblement pour un pays souverain a organisé sa cinquième soirée du gala des patriotes, au centre de congrès renaissance au 7550, boul. Henri-Bourassa Est. Pauline Marois et Gilles Duceppe y étaient attendus.
Une fête à saveur politique
Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Mario Beaulieu, a profité de cette journée commémorative pour faire une sortie contre le premier ministre Jean Charest, qu'il accuse de s'en tenir « au strict minimum ».
Il considère que M. Charest « sous-exploite cette occasion d'éducation civique ». Il ajoute que « [l'emploi du temps du premier ministre] ne prévoit sa participation à aucun événement soulignant la Journée nationale des patriotes ».
Cette journée a été instaurée en 2002 par décret gouvernemental du Parti québécois. La toute première a été célébrée le 19 mai 2003. Elle est venue remplacer la commémoration de Dollard des Ormeaux.
Les patriotes, une formation politique qui rassemblait dans les années 1830 des nationalistes canadiens-français, revendiquaient les mêmes droits que les sujets anglais. Ils réclamaient des réformes politiques, y compris la responsabilité ministérielle et l'éligibilité du Conseil législatif. Leur insurrection en 1837-1838 fut écrasée par les troupes britanniques.
La petite histoire d'une journée de congé
À l'origine, la Journée des patriotes s'appelait la fête de Dollard, instituée au Québec pour faire contrepoids au congé de la Reine, jour férié instauré par le Parlement du Canada en 1901 en l'honneur de la reine Victoria. Depuis son décès, c'est une journée de commémoration de l'anniversaire du souverain ou de la souveraine du Canada.
C'est en 1957 que l'on associe définitivement le Jour de Victoria à la Fête de la reine au Canada. Il est à noter cependant que la reine Élisabeth II est fêtée par les Canadiens à la fin mai, bien qu'elle soit née le 21 avril 1926.
Dès la fin des années 1910, le chanoine Lionel Groulx a remis en question cette tradition au Québec. Il a affirmé que cette journée devrait plutôt être consacrée à Dollard des Ormeaux, qui s'est battu pour protéger la Nouvelle-France.
Retournement de situation en 1940. Le rôle du personnage historique de Dollard des Ormeaux est contesté. Il est dépeint tantôt comme le héros qui a sauvé la Nouvelle-France avec ses compagnons à la bataille du Long-Sault, tantôt comme l'aventurier qui a péri en entraînant avec lui 16 des siens.