Ignatieff menace de défaire le gouvernement

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Michael Ignatieff (archives)   © PC/Sean Kilpatrick

Le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, a réitéré jeudi ses menaces de renverser le gouvernement conservateur si ce dernier ne présente pas une réforme du régime d'assurance-emploi avant le début de l'été.

Le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, réitère ses menaces de renverser le gouvernement conservateur si ce dernier ne présente pas une réforme du régime d'assurance-emploi avant le début de l'été.

« Je vous le dis clairement et franchement: je ne peux pas continuer le travail parlementaire si nous n'obtenons pas une réforme substantielle de l'assurance-emploi d'ici la fin de la session », a déclaré M. Ignatieff, jeudi, à l'occasion d'une rencontre avec un syndicat de la région de Toronto.

Le lendemain de sa nomination officielle à la tête du Parti libéral du Canada, au début mai, M. Ignatieff avait déclaré que l'assurance-emploi pourrait être un élément déclencheur d'une élection fédérale.

Mercredi, le premier ministre Stephen Harper a laissé entendre que ses troupes étaient prêtes à se lancer dans des élections relativement à cette question, déclenchant les conjectures sur la colline du Parlement à Ottawa.

Le chef conservateur rejette catégoriquement la possibilité d'imposer une norme nationale d'admissibilité à l'assurance-emploi, comme le réclame l'opposition. Actuellement, il faut accumuler entre 420 et 700 heures de travail, selon les régions, pour avoir droit à des prestations.

Les libéraux proposent que le nombre minimum d'heures de travail requises pour toucher le chômage soit fixé à 360 heures, partout au pays. Ils reconnaissent qu'une telle réforme coûterait 1,5 milliard de dollars par an, mais font valoir que cette mesure serait temporaire afin d'atténuer les impacts de la crise économique.

Selon M. Ignatieff, presque 150 000 personnes de plus pourraient bénéficier de l'assurance-emploi si une norme nationale de 360 heures était en vigueur.

Contre-attaque sur la campagne de publicités négatives

Image extraite de la publicité en français du Parti conservateur Image extraite de la publicité en français du Parti conservateur

Dans son discours prononcé jeudi, le chef libéral a également réagi à la campagne de publicités négatives lancée par les conservateurs contre lui. Dans ces publicités, M. Ignatieff est décrit comme une politicien opportuniste qui a été longtemps absent de la scène publique canadienne.

M. Ignatieff estiment que ces publicités sont « injustes » et « offensantes » alors que le pays fait face à la pire crise économique depuis plusieurs générations. Selon lui, les conservateurs ont lancé cette campagne parce qu'ils veulent détourner l'attention des Canadiens des pertes d'emplois et des mauvais sondages.

Le chef libéral a aussi accusé le premier ministre Harper de considérer ceux qui vivent et travaillent à l'étranger comme « étant moins Canadiens ». M. Ignatieff estime qu'il demeure Canadien, même s'il a vécu plusieurs années à l'étranger.