![]() PolitiqueFonds d'investissement Le PQ revient à la chargeMise à jour le jeudi 30 avril 2009 à 17 h 10
Les deux personnalités libérales Pietro Perrino et Valier Boivin ont réagi, jeudi, aux allégations de conflits d'intérêts soulevées la veille par le critique en matière de finances du Parti québécois, François Legault. Le député péquiste a révélé mercredi que le Fonds d'intervention économique régional (FIER)-Boréal du Saguenay-Lac-Saint-Jean, dont MM. Perrino et Boivin sont des gestionnaires, a investi dans quatre entreprises dont les deux hommes sont actionnaires. En point de presse, les deux hommes ont déclaré que tout s'est fait dans les règles. M. Perrino a qualifié les propos de M. Legault de démagogues et diffamatoires. Il a affirmé que M. Boivin et lui avaient agi de manière transparente dans ce dossier et que les déclarations du député de Rousseau causaient du tort aux entreprises et entrepreneurs à qui le Fonds vient en aide. Les deux hommes ont évoqué la possibilité de poursuivre M. Legault. M. Perrino a été conseiller d'au moins trois chefs libéraux devenus premiers ministres, dont Jean Charest. Valier Boivin est aussi un proche du Parti libéral. Les règles ont été respectées, selon Charest
Plus tôt, c'est le premier ministre du Québec, Jean Charest, qui s'est porté à la défense de MM. Perrino et Boivin. Lui aussi a déclaré que toutes les règles avaient été respectées. À son avis, le PQ a agi en déformant la vérité dans cette affaire, nuisant ainsi à sa crédibilité et à celle de toute la classe politique. Même son de cloche du côté du ministre de Développement économique, Raymond Bachand, selon qui les affirmations du PQ sont fondées sur des informations erronées. Les sommes investies par le FIER-Boréal du Saguenay-Lac-Saint-Jean, dont l'objectif premier est de stimuler l'économie de la région en offrant du capital de risque à des entreprises qui démarrent ou qui ont des projets de croissance, proviennent aux deux tiers du Trésor public. L'autre tiers provient des entrepreneurs eux-mêmes. Aucun problème, dit Investissement Québec
Jeudi matin, c'est Investissement Québec qui a ouvert le bal des réactions, en affirmant ne pas voir de problème dans le fait que Pietro Perrino et Valier Boivin soient actionnaires dans les quatre entreprises. En conférence de presse, le président et chef de la direction d'Investissement Québec, Jacques Daoust, et le directeur des filiales, Sebastian Boisjoly, ont expliqué que, selon les informations dont ils disposent, ces investissements ne contreviennent pas aux règles sur les conflits d'intérêts du bras financier du gouvernement du Québec. Les firmes en question sont:
Selon M. Boisjoli, les investissements dans Systèmes Bus et ZoomMed ont été approuvés par le FIER-Boréal avant que MM. Perrino et Boivin ne deviennent des gestionnaires du Fonds. Voilà pourquoi il n'y a pas eu de déclaration de conflits d'intérêts, comme le requiert la politique d'Investissement Québec à ce sujet. Dans le cas de Ranaz, MM. Perrino et Boivin sont devenus actionnaires de l'entreprise après que le FIER y eut effectué un investissement. Il en va de même pour Toptent. Au moment où la décision d'investir a été prise par le FIER, MM. Perrino et Boivin n'étaient pas actionnaires ou investisseurs au sein de l'entreprise. Les règles d'Investissement QuébecSelon les règles d'Investissement Québec, les administrateurs du fonds régional peuvent investir jusqu'à 30 %, via le fonds, dans leurs propres entreprises et des investissements peuvent être faits à l'extérieur de leur région. Toutefois, 50 % des sommes investies dans les entreprises doivent être dépensées à terme dans les régions d'où proviennent les fonds. De plus, si des décisions d'investissement se prennent dans les FIER, les administrateurs ne doivent pas participer aux discussions et au vote pour investir dans les entreprises dans lesquelles ils sont en partie actionnaires. Investissement Québec a précisé jeudi que sur les 6 millions investis par le FIER-Boréal, 2,75 millions l'ont été au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Comme le FIER est autorisé à investir un maximum de 15 millions de dollars, il faudra, à terme, que plus de 7,5 millions de dollars aient été investis dans la région. Legault se questionne encore
Loin de retirer ses propos de la veille, le député François Legault en a rajouté, jeudi, lors de la période des questions. Il se questionne maintenant sur la gestion du FIER Ville-Marie. MM. Perrino et Boivin sont administrateurs de ce fonds depuis sa création. Le FIER Ville-Marie a, lui aussi, investi dans des entreprises qui leur appartiennent. M. Legault s'étonne donc que deux FIER investissent dans des entreprises qui appartiennent à leurs administrateurs: « C'est eux qui l'ont fondé. Et ils ont investi dans quatre entreprises où ils sont actionnaires. Et après, le fonds du Saguenay a investi dans les mêmes entreprises. Mais, supposément, M. Perrino n'a rien à voir là-dedans. Est-ce qu'il prend le monde pour des valises? Comment se fait-il qu'on a les mêmes investissements dans les deux FIER? » Réagissant aux propos de son député et aux menaces des libéraux, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a souligné jeudi que les questions soulevées par M. Legault étaient documentées. « Je pense que c'est raisonnable et normal que nous posions des questions », a-t-elle dit, ajoutant que son parti allait vérifier les faits apportés par MM. Perrino et Boivin. Frulla veut une rétractation Par ailleurs, d'autres personnalités libérales siègent au conseil d'administration d'Investissement Québec FIER, qui supervise l'activité des 44 FIER créés par le gouvernement Charest. Il s'agit de l'ex-ministre Liza Frulla et l'ex-député d'Anjou Jean-Sébastien Lamoureux. Jeudi, Mme Frulla a soutenu, sur les ondes du Réseau de l'information, que les informations mises au jour par François Legault n'ont jamais été abordées lors des trois réunions du conseil d'administration auxquelles elle a assisté. Elle demande d'ailleurs au député péquiste de se rétracter.
L'ex-ministre libérale dit avoir été nommée au conseil d'administration le 13 mars 2008, à la demande de Jacques Daoust, parce que ce dernier, dit-elle, voulait obtenir un « regard neuf » et avoir des femmes au sein du conseil d'administration. Elle dit de son propre aveu ne pas être une « spécialiste ». Mme Frulla affirme que le conseil d'administration ne supervise pas les choix des FIER régionaux, mais qu'il s'assure que la politique d'investissement du gouvernement soit respectée. Cette politique, dit-elle, prévoit que 50 % des investissements effectués par les entreprises bénéficiaires doivent être faits dans les régions d'où provient l'argent au bout de cinq ans. Les membres du C.A., dit-elle, ont récemment demandé les documents « les plus transparents possible » sur les investissements faits par les FIER depuis leur création, en 2004. Radio-Canada.ca avec Presse canadienne
audio-vidéo
Philippe Marcoux s'entretient avec François Legault, porte-parole du Parti québécois en matière d'économie et de finances.
Sébastien Perron rapporte que le premier ministre Charest défend la gestion du Fonds d'intervention économique régional.
Martine Biron dit que le PQ fait de nouvelles allégations dans le dossier des FIER.
Alexandra Fortin a parlé avec le président du FIER-Boréal, Gilbert Grimard
Jean Charest commente les allégations du Parti québécois sur la gestion des Fonds d'intervention économique régional.
Investissement Québec commente les allégations du Parti québécois sur la gestion des Fonds d'intervention économique régionale.
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