Une cible du bout des lèvres

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Michèle Courchesne, ministre de l'Éducation Michèle Courchesne, ministre de l'Éducation (archives)

Interpellée par l'opposition à l'Assemblée nationale lundi, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, n'a pas fixé de cibles chiffrées de lutte contre le décrochage scolaire. La ministre a aussi remis à plus tard son engagement à formuler des objectifs précis à atteindre.

La ministre de l'Éducation du Québec, Michelle Courchesne, refuse de fixer des cibles précises de lutte contre le décrochage scolaire, mais un taux de diplomation de 80 % au secondaire lui semble « bon ».

Au sortir de la Chambre, la ministre s'est toutefois montrée légèrement plus loquace au sujet de l'objectif d'augmenter à 80 % en 10 ans le taux de réussite des étudiants du secondaire. Cette cible fait partie de l'étude du Groupe d'action pour la persévérance et la réussite scolaire, dirigé par le président de la Banque de Montréal, Jacques Ménard.

« Ne me demandez pas ce matin d'annoncer la cible, l'année, etc. Elle est intéressante sa cible (celle de Jacques Ménard, NDLR). Ce qu'il faut évaluer, c'est est-ce que c'est en 2020? Est-ce que ça peut être avant? », a-t-elle déclaré aux journalistes. Et d'ajouter: « Il est bon son 80 [%] ».

La ministre maintient qu'elle fixera une cible sous peu, tant au niveau national qu'au niveau régional. « Rappelez-vous que la Loi 88 va me permettre d'exiger des commissions scolaires d'avoir des cibles qui [vont leur être propres] ».

Elle veut toutefois mener des consultations privées avant d'établir un chiffre. « C'est bien beau de mettre des cibles, mais il faut les suivre », a-t-elle commenté.

La ministre a affirmé qu'elle se donnait encore quelques semaines pour définir des cibles de réductions précises sur une base régionale. Elle s'est engagée une fois de plus à mettre en oeuvre les 10 recommandations du Groupe d'action pour la persévérance et la réussite scolaire, déposées en mars.

Mme Courchesne a également voulu passer un message aux parents des jeunes de la cinquième année secondaire. Elle s'est demandé si ces derniers n'accordaient pas plus d'importance au bal de fin d'études qu'au diplôme à obtenir.

Demande de résultats

Pierre Curzi Pierre Curzi (archives)

En Chambre, le porte-parole de l'opposition officielle en éducation, Pierre Curzi, a reproché à la ministre de demeurer très vague dans ses réponses. Il a aussi accusé le gouvernement libéral de ne pas avoir de résultats probants à afficher malgré six ans au pouvoir.

Selon M. Curzi, la ministre Michelle Courchesne refuse d'admettre que « le phénomène du décrochage scolaire est un drame pour le Québec ». Le député péquiste a rappelé que, malgré l'urgence d'agir, le gouvernement n'a prévu aucune somme additionnelle dans le dernier discours sur le budget.

Qu'est-ce que l'interpellation?L'interpellation est un procédé parlementaire permettant à l'opposition d'obliger le gouvernement à rendre des comptes dans un dossier en particulier pendant deux heures.

De son côté, le porte-parole de l'ADQ en matière d'éducation, Gérard Deltell, a déploré l'absence de Pauline Marois lors de l'interpellation. Selon M. Deltell, Mme Marois, qui a dirigé une « réforme désastreuse », porte la responsabilité du taux exorbitant de décrochage scolaire avec le gouvernement libéral. L'ADQ a fait une série de suggestions pour améliorer le taux de diplomation au Québec, comme des écoles autonomes, « basées sur l'élève plutôt que sur les structures ».

Au Québec, entre 2000 et 2008, le taux de décrochage à l'école secondaire publique est passé de 26 à 29 %.

Avec la collaboration de Sébastien Perron à Québec