13 mars 2009
Caisse de dépôt et placement : Une nomination controversée13 mars 2009
![]() PolitiqueCaisse de dépôt et placement Charest défend SabiaMise à jour le lundi 16 mars 2009 à 19 h 03
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, estime que le processus de sélection du nouveau PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec s'est déroulé correctement, et il accorde toute sa confiance à Michael Sabia. Les critiques ont pourtant fusé de toutes parts dès l'annonce de sa nomination. Pour l'opposition et pour plusieurs experts, Michael Sabia, ancien premier dirigeant de Bell Canada Entreprises (BCE), n'a ni le profil ni l'expérience nécessaire pour relever un aussi gros défi. Même le milieu des affaires est sceptique, doutant de ses capacités à gérer un tel portefeuille. L'ex-président de la Chambre de commerce de Montréal et souvent porte-parole du Québec Inc., Serge Saucier, conteste la façon dont M. Sabia a été nommé président. « Aujourd'hui, on a un peu le sentiment qu'il y a eu quelque chose qui a été escamoté », dit-il. Il ajoute qu'il n'a pas été rassuré par les propos du nouveau président du conseil d'administration de la Caisse, Robert Tessier, qui a affirmé vendredi n'avoir entendu aucun autre candidat. « Non, je n'ai pas rencontré d'autres candidats, parce que quand j'ai vu le nom de M. Sabia, pour moi, cela a été comme une révélation », avait dit M. Tessier.
Ce avec quoi n'est pas du tout d'accord Serge Saucier: « Vous auriez dit Jean-Guy Desjardins, que tout le monde connaît, ça aurait fait l'unanimité d'un seul coup, parce qu'il a une feuille de route dans ce milieu-là qui est impeccable. Mais les forces de Michael Sabia ne me semblent pas être là ». L'ancien premier ministre du Québec, Jacques Parizeau, lui, y voit l'influence du gouvernement fédéral, où Michael Sabia a travaillé pendant plusieurs années. « C'est le Conseil privé, c'est-à-dire Ottawa, qui met la main sur la Caisse. [...] La puissance de la Caisse vient de changer de main ». Jean Campeau, qui a présidé aux destinées de la Caisse pendant dix ans, n'est guère plus enthousiaste. « D'abord, c'est à se demander: "est-ce que la nomination de la présidence de la Caisse de dépôt et placement c'est important, ou si la Caisse, ce n'est pas un joujou?" [...] On nous parle de quelqu'un qui a réussi un coup, qui a réussi sa carrière, où ça? [...] Il y a échec par-dessus échec. L'action de BCE stagne en bourse », critique M. Campeau.
Questionné à ce sujet, alors qu'il donnait une conférence de presse sur un autre sujet, à Saint-Bernard-de-Lacolle, lundi, le premier ministre Charest a souligné qu'il avait aussi entendu des commentaires élogieux sur M. Sabia. « J'ai beaucoup confiance en M. Sabia et j'ai pris connaissance de commentaires très élogieux à son endroit. Il ne faut pas s'attendre à ce que le candidat qui occupera le poste de PDG fasse l'objet d'une acclamation unanime, parce que cela ne se présentera jamais ». Le processus de sélection qui a conduit au choix de Michael Sabia cause aussi de vives critiques, parce que le conseil d'administration de la Caisse, amputé de la moitié de ses membres, a joué un rôle mineur cette fois-ci. De plus, aucune autre candidature que celle de Michael Sabia n'a été évaluée, une façon de procéder inhabituelle, mais justifiée par l'urgence d'agir, selon M. Charest. « On avait pris l'engagement tout le monde ensemble, autant du côté du gouvernement que du conseil d'administration, pour aller le plus vite possible. Donc le travail de recherche s'est continué, s'est fait par une firme qui se spécialise dans ce genre de recherche ». |