Monique Jérôme-Forget devant la commission des finances publiques
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PC/Jacques Boissinot
La ministre des Finances du Québec esquive la majorité des questions des partis d'opposition lors de la commission des finances publiques sur les déboires de la Caisse de dépôt et placement.
La ministre des Finances du Québec a finalement répondu pendant deux heures, vendredi matin, au feu roulant des questions des partis d'opposition lors de la commission des finances publiques sur les pertes d'environ 40 milliards de dollars de la Caisse de dépôt et placement. Monique Jérôme-Forget a toutefois refusé de se porter coupable des déboires de la Caisse.
Selon elle, plutôt que de chercher des coupables, il faut tirer des leçons de ce fiasco et apporter des correctifs. À plusieurs reprises, la ministre a esquivé les questions des partis d'opposition, en leur demandant de s'adresser aux dirigeants de la Caisse de dépôt, qui comparaîtront devant la commission en avril.
Assaillie par les questions du Parti québécois (PQ) sur ce qu'elle aurait pu faire, la ministre a accusé le parti de vouloir s'immiscer dans la gestion de la Caisse. Pour elle, il s'agit d'une orientation dangereuse. « La Caisse de dépôt doit être indépendante, elle doit être gérée à distance du gouvernement, et la ministre des Finances ne devrait pas donner de directives quant aux investissements et aux placements », a-t-elle soutenu.
Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'économie et de finances, François Legault, a pris le rebond et accusé la ministre des Finances de s'en laver les mains. Mme Jérôme-Forget a bien sûr nié cette affirmation.
Défense du mandat
Monique Jérôme-Forget s'est portée à plusieurs reprises à la défense de la mission de la Caisse de dépôt et placement telle qu'elle a été définie par le gouvernement de Jean Charest en 2004. François Legault cherchait à savoir si le gouvernement considérait que la mission de rendement optimal et celle de développement économique du Québec étaient sur un pied d'égalité dans la loi actuelle.
Le porte-parole de l'Action démocratique du Québec (ADQ) en matière de finances publiques, François Bonnardel, a pour sa part demandé à la ministre ce qu'elle savait des rendements de la Caisse pendant la campagne électorale. Mme Jérôme Forget a déposé une preuve démontrant qu'elle n'a su qu'à la fin novembre que les rendements des placements du gouvernement avaient chuté de 18 %.
En outre, la commission a permis d'apprendre que le gouvernement avait été averti du problème lié aux investissements dans les papiers commerciaux, qui ont entraîné la perte de milliards de dollars. Le ministère des Finances a reçu une mise en garde de la Banque du Canada en juin 2005, mais n'en a pas tenu compte, tout comme la Caisse.
Les partis d'opposition ont voulu savoir si les Québécois devront payer le prix de la « mauvaise gestion » de la Caisse. La ministre s'est faite rassurante. Selon elle, les hausses de cotisations, s'il y en a, seront minimes.
Le PQ et l'ADQ se sont dits déçus des réponses de la ministre. « Elle n'a rien à proposer, comme si ça ne l'intéressait pas. C'est un manque de leadership total », a affirmé François Legault à sa sortie de la commission. « On s'attendait au moins à de la franchise », a renchéri François Bonnardel de l'ADQ.
Prochaine étape
La commission parlementaire ajourne ses travaux jusqu'au dépôt du rapport annuel de la Caisse, prévu au plus tard le 15 avril. Ce sera ensuite au tour des actuels et anciens dirigeants de la Caisse, dont Henri-Paul Rousseau, et des déposants (Régie des rentes, CSST, SAAQ et autres sociétés publiques) de venir témoigner.
À cette occasion, Mme Jérôme-Forget devra de nouveau répondre aux questions de l'opposition durant quatre heures.