5 mars 2009
![]() PolitiquePertes à la Caisse de dépôt Un débat rhétorique, dit CharestMise à jour le vendredi 6 mars 2009 à 18 h 57
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a affirmé vendredi, lors d'un point de presse, que son gouvernement avait répondu aux demandes de l'opposition officielle quant à la manière de faire la lumière sur les pertes de 39,8 milliards de dollars subies par la Caisse de dépôt et placement du Québec en 2008. Selon M. Charest, la proposition de la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, de tenir une interpellation parlementaire permettrait à cette dernière de répondre aux questions de l'opposition. Le premier ministre maintient qu'une commission parlementaire devrait être réservée pour les explications des administrateurs de la Caisse, dont l'ancien PDG Henri-Paul Rousseau, de s'expliquer sur la partie qui les concerne, soit celle des résultats. Le Parti québécois réclame que la ministre Jérôme-Forget comparaisse lors de cette commission, plutôt que dans le cadre d'une interpellation, une procédure beaucoup plus lourde, impliquant des tours de parole qui ne permettent pas de multiplier les questions. Qu'est-ce qu'une procédure d'interpellation?Selon l'article III du Règlement de l'Assemblée nationale du Québec, « [t]out député d'opposition peut interpeller un ministre sur toute question d'intérêt général relevant de sa compétence ». Jean Charest a soutenu que le PQ avait changé d'idée. Le premier ministre a ajouté qu'il ne comprenait plus la position du parti de Pauline Marois, puisqu'elle équivaut, selon M. Charest, à bloquer sa propre demande d'une commission parlementaire sur les résultats de la Caisse. Une interpellation Monique Jérôme-Forget a proposé de répondre aux questions des partis d'opposition dans le cadre d'une interpellation. La ministre refuse toutefois de comparaître devant la commission des finances publiques. « Moi, je n'ai pas à être assise à côté de Henri-Paul Rousseau. Moi, je ne suis pas responsable des résultats de la Caisse », a déclaré la ministre. Les Québécois, dit-elle, veulent entendre les gestionnaires. « Elle ne peut pas se défiler », a martelé la chef du Parti québécois, qui qualifie la position de la ministre des Finances d'« inacceptable ». Le gouvernement Charest soutient que le Parti québécois veut faire de la politique avec le dossier de la Caisse. Mme Marois s'en défend et soutient par exemple que demander à la ministre si elle s'est informée de la situation de la Caisse, comme le lui permet la loi, lorsque tout le monde s'en inquiétait, ne constitue pas une question d'ordre politique. « Est-ce qu'elle s'est inquiétée des impacts des résultats de la Caisse sur le gouvernement et les finances publiques? » demande Mme Marois. « Parce que si la Caisse fait des pertes, il faudra augmenter les cotisations à la Régie des rentes, les cotisation pour l'assurance automobile. »
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