Maquette du CHUM
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Site du centre hospitalier
À la veille d'une étape majeure pour l'avenir du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), plusieurs voix remettent en question le mode de construction en partenariat public-privé (PPP).
Tandis que l'appel des propositions pour la réalisation du CHUM est sur le point d'être lancé, des économistes et des médecins remettent en cause le bien-fondé de la formule du PPP dans le contexte économique actuel.
Lundi prochain, les membres du conseil d'administration du CHUM se rencontreront à huis clos pour lancer l'appel de propositions pour la construction du CHUM.
Avant que le sort de ce projet évalué à 1,1 milliard de dollars ne soit scellé, l'organisme Médecins québécois pour le régime public (MQRP) demande au gouvernement de faire marche arrière. Évoquant un contrat « qui va engager deux générations de Québécois », le vice-président du MQRP, le Dr Alain Vadeboncoeur, estime que « ce n'est pas le moment de jouer aux apprentis sorciers! ».
L'organisme, qui revendique environ 300 membres, souligne que le contrat de PPP « ne vise pas simplement la construction » de l'hôpital, mais aussi son financement, sa conception et son exploitation pendant 35 ans.
Les structures ainsi créées sont extrêmement rigides, et donc mal adaptées au milieu médical qui évolue très rapidement, croit la Dre Marie-Claude Goulet, porte-parole de MQRP.
Le regroupement ajoute qu'il en coûterait plus cher pour le gouvernement, entre autres parce que les coûts d'emprunt pour les entreprises privées sont plus élevés que pour les gouvernements.
Une construction en PPP entraînerait aussi un manque de transparence, puisque les sociétés n'auront des comptes à rendre qu'à leurs actionnaires, selon le MQRP.
Le tout sans compter que le contexte économique actuel « décuple » le risque lié au mode PPP. À titre d'exemple, M. Vadeboncoeur cite le cas de la société australienne Babcock et Brown, acteur majeur dans le projet de PPP par une participation au consortium Accès santé CHUM, dont les actions ont été suspendues en bourse.
Les consortiums demandent l'aide de Québec
Dans son édition de vendredi, le quotidien La Presse affirmait d'ailleurs que les consortiums en lice pour la construction du CHUM demandent maintenant une garantie financière de plusieurs centaines de millions de dollars au gouvernement du Québec, sous peine d'abandonner le projet.
Aux prises avec le resserrement du crédit engendré par la crise financière, ces consortiums sont incapables d'emprunter des sommes gigantesques à long terme, et demandent donc à Québec de leur payer une bonne partie des coûts de construction du CHUM dès la fin des travaux.
Si le gouvernement Charest devait accéder à la demande des consortiums, il renierait le principe du transfert de risques en vertu duquel se justifie le recours au PPP, a affirmé à La Presse le président du comité des politiques publiques de l'Association des économistes du Québec, Jean-Pierre Aubry.
« Il est possible de revoir les affaires », selon Yves Bolduc
Interrogé par La Presse, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, s'est montré évasif. S'il dit ne pas avoir l'intention de se plier aux requêtes des consortiums, il ajoute: « Mais dans la vie, il faut savoir s'adapter. Donc, il est toujours possible qu'il puisse arriver des événements qui fassent qu'on doive revoir notre projet, comme j'ai revu le projet au niveau de la construction. [...] Moi je dis que, tant qu'on n'a pas commencé à construire, il est possible de revoir les affaires », dit-il.
De son côté, le porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé, Bernard Drainville, a demandé au gouvernement de renoncer au mode PPP pour la construction du CHUM. Le député péquiste de Marie-Victorin a expliqué que dans un contexte économique où les entreprises privées ont de la difficulté à obtenir du financement, ce seraient les contribuables québécois qui feraient les frais des prêts à taux d'intérêt élevés obtenus par ces entreprises.