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PC/Ryan Remiorz
Le gouvernement du Québec ne tiendra pas de commission parlementaire spéciale pour faire la lumière sur les importantes pertes de 39,8 milliards de dollars subies par la Caisse de dépôt et placement du Québec l'an dernier.
La ministre Jérôme-Forget annonce qu'il n'y aura pas de commission parlementaire spéciale sur les pertes de 40 milliards de dollars à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Le PQ juge cette décision irresponsable.
Revenant sur sa promesse faite au lendemain du dépôt des résultats catastrophiques de la Caisse, mercredi dernier, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a annoncé qu'aucune commission parlementaire spéciale ne sera mise sur pied.
La ministre a invoqué l'incapacité de s'entendre avec le Parti québécois, qui réclamait notamment qu'elle soit convoquée devant la commission pour expliquer le rôle joué par son gouvernement dans ce fiasco financier. Mme Jérôme-Forget a dit ne pas vouloir témoigner « dans l'environnement actuel ».
Elle a déclaré vouloir se concentrer sur la recherche et la nomination d'un président et de membres du conseil d'administration de la Caisse.
Jeudi dernier, Mme Jérôme-Forget avait pourtant confirmé la tenue d'une commission parlementaire extraordinaire « le plus rapidement possible » pour que les dirigeants viennent s'expliquer à l'Assemblée nationale. « Je pense que M. Perrault ou M. Brunet ou M. Rousseau [NDLR: président par intérim, président du CA et ex-président de la Caisse] vont devoir expliquer les résultats qu'ils ont eus », déclarait alors la ministre des Finances. Henri-Paul Rousseau a déjà confirmé qu'il viendrait témoigner.
Le ministre Dupuis apporte des « précisions »
Le ministre de la Justice du Québec, Jacques Dupuis, a apporté des précisions en après-midi. Il a affirmé que le gouvernement était tout à fait favorable à la tenue d'une commission parlementaire le plus rapidement possible pour entendre les explications des dirigeants de la Caisse. Même que le gouvernement aurait offert de les entendre lundi et mardi.
Jacques Dupuis
Mais c'est le Parti québécois qui, selon lui, aurait fait avorter l'organisation de la Commission. « Là, le PQ et Legault [François] ont fait toutes sortes de demandes en séance de travail, y compris retarder les travaux au mois d'avril. Alors, on a dit, oui, si vous voulez retarder la commission, mais à l'étude des crédits [au mois d'avril]. Mais nous, on veut toujours la tenir le plus rapidement possible », a dit M. Dupuis. Le ministre de la Justice semble donc dire qu'une commission est toujours possible, quoi qu'en dise Mme Forget.
Il réplique pourtant que « Mme Jérôme-Forget a dit exactement ce qu'on dit, en d'autres termes: "Si le PQ ne veut pas de commission parlementaire immédiate avec les dirigeants de la Caisse, on va en faire une à l'étude des crédits et je serai présente." C'est ça que ça voulait dire. »
Le PQ outré
Le Parti québécois estime que la décision de ne pas tenir de commission parlementaire spéciale est irresponsable. Il soutient que le gouvernement cherche à étouffer l'affaire qui, dit-il, aura des conséquences désastreuses sur les finances de nombreux organismes publics.
Selon le leader parlementaire péquiste, Stéphane Bédard, le gouvernement veut noyer le poisson.
Le compromis adéquiste
De son côté, l'Action démocratique du Québec, qui tient à la commission parlementaire, demande au Parti libéral et au Parti québécois de faire preuve de plus de maturité.
Son porte-parole François Bonnardel propose qu'une commission ait lieu rapidement afin d'entendre les gestionnaires de la Caisse.« Pour ce qui est de Jean Charest et de Monique Jérôme-Forget, nous utiliserons tous les moyens parlementaires à la disposition de l'opposition pour qu'ils fournissent des explications. »
En deuxième lieu, « nous demandons au gouvernement de mandater le vérificateur général afin qu'il enquête ».
Selon l'Action démocratique, le PQ, tout comme le PLQ, doivent démontrer qu'ils sont de bonne foi « dans tout ce débat qui est devenu un peu trop partisan ».
« Décison honteuse », selon Québec solidaire
Le député de Mercier et chef de Québec solidaire, Amir Khadir, juge honteuse l'annulation de la commission parlementaire.
Selon lui, il faut plus que l'étude des crédits budgétaires pour faire la lumière sur les pertes de la Caisse. « Il faut une commission d'enquête indépendante, un peu à l'image de la Commission Gomery, qui aurait le pouvoir de faire comparaître les principaux responsables de ce fiasco. »