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PolitiqueAfghanistan

Une mission à redéfinir

Mise à jour le mardi 3 mars 2009 à 13 h 13

Stephen Harper à la Chambre des communes

Photo: La Presse Canadienne /Adrian Wyld

Stephen Harper à la Chambre des communes

Les propos du premier ministre Stephen Harper dans les médias américains au sujet de la guerre en Afghanistan ont étonné, voire réjoui, les partis d'opposition.

En tournée médiatique aux États-Unis la semaine dernière, M. Harper a admis qu'il était impossible de vaincre les insurgés talibans. Selon lui, l'objectif de la mission militaire en Afghanistan est d'aider le gouvernement d'Hamid Karzaï à mieux gérer cette insurrection.

« C'est une sorte de surprise venant de lui. C'est un changement de la position du gouvernement », a réagi Bob Rae. Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires étrangères a déclaré que les propos de M. Harper devraient ouvrir la porte à une redéfinition du mandat des Forces canadiennes en Afghanistan. Selon lui, on ne parle pas assez de développement et de diplomatie.

Du côté des néo-démocrates, le parti est « heureux » de ce « virage » des conservateurs, dixit le député Thomas Mulcair. « Ça fait longtemps que nous disons au gouvernement que c'est une erreur d'être impliqué dans ce genre de guerre très agressive, dans laquelle le Canada est en train de s'enliser », a-t-il ajouté.

Même son de cloche du côté du Bloc québécois: « Nous disons depuis longtemps que nous ne gagnerons pas ce conflit militairement, a soutenu Claude Bachand, porte-parole du Bloc en matière de défense nationale. Le premier ministre nous obstinait tout le temps en disant: "il faut qu'il y ait des troupes". Maintenant, il est en train de dire: "Oui les talibans risquent de gagner, il va falloir changer nos tactiques". Je pense que c'est un virage à 180 degrés ».

« Nous ne vaincrons jamais l'insurrection »

Ces propos font suite à ceux lancés par le premier ministre lors d'un entretien avec l'animateur Fareed Zakaria, diffusé sur les ondes du réseau CNN, dimanche. « Franchement, à mon avis, nous ne vaincrons jamais l'insurrection. L'Afghanistan a probablement toujours été aux prises avec une insurrection, selon ma lecture des événements », a-t-il lancé. Et d'ajouter que la présence de forces étrangères en Afghanistan ne pouvait être éternelle.

La semaine dernière, dans une autre entrevue à CNN avec l'animateur Wolf Blitzer, M. Harper avait tenu des propos similaires. Il estimait alors qu'une défaite des insurgés et l'instauration d'une démocratie moderne en Afghanistan n'étaient pas des objectifs réalistes.

« Historiquement, l'Afghanistan a été un pays indompté (untamed). Alors, je pense que l'idée de mater complètement une insurrection est irréaliste », a dit le premier ministre canadien.

Ce que nous voulons, c'est un gouvernement central qui peut s'occuper quotidiennement de ses responsabilités en matière de sécurité. Je crois que c'est ainsi que l'on devrait définir une victoire.

— Stephen Harper, le 21 février dernier

M. Harper a rappelé à Wolf Blitzer qu'en vertu d'une résolution de la Chambre des communes, le Canada devra se retirer et remettre à l'armée afghane le contrôle de la province de Kandahar en février 2011.

Un test pour l'avenir de l'OTAN

Dans une entrevue publiée dans le Wall Street Journal samedi, le premier ministre Harper a affirmé que la mission en Afghanistan était un test important pour l'avenir de l'OTAN. Il a affirmé que les États-Unis devaient concevoir leur stratégie en ayant l'objectif d'aider les Afghans à s'occuper eux-mêmes des rébellions.

Quelque 2700 soldats canadiens sont déployés dans le sud de l'Afghanistan. Depuis l'arrivée des Forces canadiennes dans ce pays en 2002, 108 militaires ont perdu la vie.

Imbroglio électoral en Afghanistan

Le responsable des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Alain Le Roy, considère qu'il sera presque impossible d'organiser des élections équitables en Afghanistan avant le mois de juillet. Ces propos s'opposent à la volonté du président afghan Hamid Karzai, qui a annoncé la tenue d'élections au printemps.

Le diplomate penche plutôt pour la date du 20 août, comme le propose la commission électorale afghane.

Le président Karzaï a demandé à la commission de choisir une date en accord avec la Constitution afghane, qui prévoit un vote 30 à 60 jours avant le 22 mai. Ses adversaires politiques, qui craignent de ne pouvoir remporter un scrutin organisé aussi tôt, l'accusent de sabotage.

Lire notre article « Karzaï sous les feux de la critique »

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