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PolitiqueCaisse de dépôt

Charest et Marois se renvoient la balle

Mise à jour le vendredi 27 février 2009 à 23 h 19

Caisse de dépôt et de placement du Québec

Photo: La Presse Canadienne /Ryan Remiorz

Le premier ministre Jean Charest rejette le blâme sur le Parti québécois pour l'avertissement lancé par l'agence Standard & Poor's à la Caisse de dépôt et placement.

La firme torontoise a placé la cote de crédit de la société d'État sous surveillance pour trois mois en raison de ses déboires financiers et de l'instabilité au sein de la haute direction de la caisse. Standard & Poor's se dit aussi préoccupée par le débat politique au Québec sur la gestion de la caisse.

C'est ce qui fait dire à Jean Charest que le PQ a sa part de responsabilité dans la menace de décote de la Caisse. Le premier ministre accuse la chef du PQ, Pauline Marois, de vouloir politiser le débat. « Le PQ choisit de jouer au bonhomme Sept-Heures, de se faire prophète de malheur et c'est noté », dit-il.

La chef du PQ, Pauline Marois, qui réclame une commission parlementaire au mandat élargi sur les déboires financiers de la Caisse de dépôt, se défend de vouloir politiser le débat.

Selon elle, le danger d'ingérence politique dans les affaires de l'institution vient plutôt du pouvoir que s'est donné le premier ministre en 2004 de nommer les membres du conseil d'administration sans tenir compte de leur affiliation politique.

De plus, Pauline Marois croit que le gouvernement Charest est responsable de la mise sous surveillance de la cote de la Caisse de dépôt. Selon elle, il a fait preuve de négligence en tardant à nommer le nouveau PDG de la Caisse et 9 des 14 membres du conseil d'administration dont le mandat est échu.

Jean Charest réplique qu'il prendra ses responsabilités. Il s'engage à nommer rapidement les nouveaux dirigeants de la Caisse.

La gauche intervient

Québec solidaire a décidé d'ajouter sa voix au débat pour réclamer une enquête publique indépendante. Son député Amir Khadir veut savoir, entre autres, si certains dirigeants de la Caisse étaient en conflit d'intérêts lorsqu'ils ont investi quelque 13 milliards de dollars dans les papiers commerciaux adossés à des actifs.

Cinglant, il s'en est par ailleurs pris à l'agence de notation Standard & Poor's dont il assimile les commentaires sur le débat public sur la gestion de la Caisse à de l'ingérence politique.

Ceux-là, on les a trop entendus. Pour nous, il n'est plus question que le Québec se comporte comme des colonisés et accepte ce genre d'intervention.

— Amir Khadir

Françoise David, co-porte-parole de la formation de gauche, estime qu'on ne peut se satisfaire d'une simple commission parlementaire, qui s'empêtrerait dans les débats partisans.

Mme David et M. Khadir jugent indispensable que le premier ministre et sa ministre des Finances comparaissent à la fois en commission parlementaire et devant une éventuelle commission indépendante.

Ils appellent à une remise en question du modèle économique qui régit la Caisse et veulent qu'elle oeuvre davantage en fonction du développement économique du Québec, dans une perspective sociale et écologique.

L'impasse demeure quant à la tenue d'une commission parlementaire sur la mauvaise performance de la Caisse. Le Parti québécois insiste pour que le premier ministre Jean Charest et la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, témoignent, ce qu'ils refusent tous les deux. Selon Pauline Marois, ce refus laisse croire qu' ils ont quelque chose à cacher.

La rentrée parlementaire à Québec aura lieu le 10 mars.

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