![]() PolitiqueConseil du PQ La Caisse de dépôt doit rendre des comptesMise à jour le lundi 23 février 2009 à 11 h 41
En marge du conseil national de son parti à Québec, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a insisté sur l'importance de faire toute la lumière sur les déboires de la Caisse de dépôt et placement (CDP). La Caisse doit dévoiler mercredi ou jeudi ses résultats de 2008. Les pertes subies par le bas de laine des Québécois frôleraient les 38 milliards de dollars. Ces résultats seraient désastreux en raison d'investissements dans le papier commercial adossé à des actifs non bancaires, lourdement touché par la chute du secteur hypothécaire. En entrevue aux Coulisses du pouvoir, à la télé de Radio-Canada, dimanche, Pauline Marois a dit voir d'un bon oeil la possible convocation par le gouvernement Charest d'une commission parlementaire extraordinaire. Cette commission permettrait d'entendre notamment la version des faits de son ancien président, Henri-Paul Rousseau, qui a démissionné en mai pour passer au service de Power Corporation. Mais Pauline Marois estime cependant que, pour aller au fond des choses, il faut envisager d'explorer d'autres avenues. Selon l'ampleur des problèmes que l'on constatera, est-ce que cela demandera une enquête qui poussera plus loin, explorera davantage? C'est sûr qu'il faut que les dirigeants qui sont imputables soient rencontrés, mais je crois aussi que le mandat de la Caisse doit être débattu. — Pauline Marois Le critique du PQ en matière de finances, François Legault, a plusieurs fois critiqué la modification du mandat de la Caisse de dépôt, en 2004, par le gouvernement Charest. Selon l'ancien homme d'affaires, la décision de donner la priorité au rendement, reléguant au second plan le développement économique du Québec, a donné lieu à un état d'esprit qui a favorisé une prise de risque exagérée de la part de ses administrateurs. La chef péquiste a par ailleurs plaidé pour un gel temporaire des tarifs. Elle estime qu'au plus fort de la crise, il faudra agir pour éviter que les citoyens ne doivent faire face à des pressions supplémentaires, et qu'un gel des tarifs limité dans le temps est une bonne façon de le faire. Retour du projet souverainiste Le Parti québécois a aussi profité de la fin de semaine pour remettre le projet de souveraineté du Québec « sur ses rails et à l'ordre du jour », selon les termes employés par Pauline Marois. Le parti n'a aucun échéancier et n'a pas déterminé quels moyens il prendrait pour susciter les débats et l'adhésion des Québécois au projet. « Est-ce que ce seront des panels, des forums, des débats, est-ce qu'on invitera nos amis du Bloc [québécois], est-ce qu'on travaillera sur certaines propositions ensemble... », a évoqué la chef péquiste en point de presse. Mme Marois a aussi qualifié d'intéressante la proposition de l'ex-député Daniel Turp, maintenant conseiller au programme du PQ, d'organiser une convention nationale. À l'image de rassemblements tenus dans les années 1960 et 1970, M. Turp souhaiterait que tous les partis souverainistes, incluant notamment Québec solidaire et le Parti indépendantiste, se réunissent périodiquement. L'épisode Bourgeois se poursuit Par ailleurs, les 500 militants, députés et présidents de circonscription présents à Québec ont adopté une proposition lançant un appel à la solidarité avec « des organismes indépendantistes qui oeuvrent pacifiquement à la promotion des intérêts du Québec ». Cette résolution faisait suite à la décision de Pauline Marois de rompre les liens avec l'éditeur du journal Le Québécois, Patrick Bourgeois, à la suite de propos tenus durant la récente controverse sur la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham, survenue il y a 250 ans. Le bureau de la chef péquiste estimait que M. Bourgeois avait fait des commentaires s'apparentant à des appels à la violence. Le militant du Réseau de résistance du Québécois a rétorqué qu'il voulait organiser un « sit-in » sur les plaines, au moment prévu de la reconstitution, en septembre prochain. Il a affirmé avoir seulement évoqué un potentiel de violence, en raison des passions déchaînées par le projet. Pauline Marois a déclaré dimanche que Patrick Bourgeois devait retirer ses propos, s'en excuser ou du moins exprimer des regrets. « Jamais je ne tolérerai que l'on prône la violence », a-t-elle dit. Dossiers en profondeur
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