![]() PolitiqueConseil du PQ La souveraineté comme recette à la criseMise à jour le dimanche 22 février 2009 à 4 h 15
La chef du Parti québécois a livré un discours fougueux devant 400 militants et élus du Parti québécois réunis en conseil national à Québec. À la tête d'une formation politique ragaillardie depuis les élections du 8 décembre dernier, Pauline Marois s'est appliquée à redonner du lustre à l'option souverainiste. Selon la chef péquiste, la marge de manoeuvre restreinte dont dispose le Québec, comme province, pour lutter contre la crise économique est une excellente illustration de la nécessité de la souveraineté. Il est temps que le Québec se prenne en main. Lorsque nous avons besoin de faire des virages rapides comme c'est le cas présentement, est-ce qu'on a vraiment les moyens de composer avec les incohérences d'une fédération? Il faut en finir avec la tutelle. — Pauline Marois Selon Mme Marois, un Québec indépendant pourrait mieux soutenir, et ce, sans délai, ses travailleurs forestiers, son industrie aéronautique et son secteur manufacturier. Il serait aussi invité à participer de plain-pied aux grands forums internationaux où sont élaborées les solutions mondiales aux crises comme celle qui sévit présentement. Pauline Marois est par ailleurs revenue sur la campagne électorale pour accuser de nouveau Jean Charest de ne pas avoir dit la vérité sur la baisse des transferts de péréquation décidée par Ottawa et les pertes de la Caisse de dépôt et placement. « Jean Charest a déclenché une campagne électorale pour ne pas avoir à faire face à la réalité. Il n'a pas hésité une seconde à mentir aux Québécois pour avoir leur vote », a déclaré la chef du PQ. Pauline Marois prononcera un autre discours dimanche. Finances et modernité main dans la main
Le plaidoyer en faveur d'une souveraineté à saveur économique de Mme Marois rejoint les propos tenus plus tôt par l'ancien député de Joliette Jonathan Valois, dont l'élection à titre de président du PQ a lieu en fin de semaine. M. Valois croit que la crise économique devrait permettre aux péquistes de braquer de nouveau les projecteurs sur la souveraineté du Québec. Ce dernier plaide par ailleurs pour une modernisation du projet souverainiste, voie dans laquelle le Manifeste sur la souveraineté, sorti l'automne dernier, a tenté de s'engager. « Il y a des choses, aujourd'hui, qui sont, notamment, le développement durable, la préoccupation internationale, la mondialisation qui est de plus en plus présente. On doit profiter de ces nouveaux enjeux-là pour expliquer en quoi la souveraineté est bel et bien une option qui tient encore la route », a-t-il fait valoir. Les péquistes peaufineront aussi, en fin de semaine, leur stratégie de financement afin d'éponger une dette de 800 000 $. La direction du parti souhaite la ramener à 200 000 $ d'ici la fin de l'année en misant, entre autres, sur des campagnes de financement dans les circonscriptions occupées par de nouveaux députés. Le PQ veut lentement se positionner en vue des prochaines élections dans quatre ans. Il demeure convaincu que, d'ici là, il réussira à convaincre une majorité de Québécois de voter pour la souveraineté. L'affaire Bourgeois fait jaser La décision du bureau de Pauline Marois de rompre tous les liens du Parti québécois avec l'éditeur Patrick Bougeois a aussi fait réagir plusieurs militants de l'aile plus radicale du PQ, samedi.
La chef péquiste a expliqué que cette décision découlait de propos tenus par l'éditeur du journal Le Québécois durant la récente controverse de la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham. Le militant Marc Laviolette, des Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre, un club politique de gauche au sein du PQ, a estimé que le parti était allé trop loin en cessant d'acheter de la publicité dans le journal de M. Bourgeois. Cela, même si M. Laviolette a précisé qu'il n'était pas d'accord avec les propos virulents de Patrick Bourgeois. « Il me semble qu'on tue une mouche avec un canon », a commenté Marc Laviolette. Pour sa part, le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, a réitéré que le Parti québécois n'avait pas le choix de se dissocier de M. Bourgeois. « René Lévesque a dit non à la violence et, 40 ans plus tard, il faut dire non à toute forme de violence. Donc il a commis une erreur Patrick, c'est dommage », a rétorqué M. Drainville. Patrice Vachon, un porte-parole du Réseau de résistance du Québécois (RRQ), duquel Patrick Bourgeois est une figure de proue, a affirmé pour sa part que la décision du PQ était de nature à changer la relation avec l'aile souverainiste plus radicale. Bourgeois se défend Dans un communiqué envoyé aux médias samedi, Patrick Bourgeois a précisé qu'il n'était jamais allé plus loin que de lancer un appel à la désobéissance civile. Pour lui, cela signifiait d'organiser un « sit-in » (une occupation des lieux) sur les plaines d'Abraham au moment prévu de la reconstitution de la bataille. « Nous l'avons dit publiquement à plusieurs reprises, comme j'ai dit à plusieurs reprises que nous rejetions les actes violents afin de faire capoter le projet de reconstitution. Je n'ai jamais fait d'appels au meurtre comme les journalistes ne cessent de le répéter aujourd'hui », écrit M. Bourgeois. « Bien sûr, je croyais et je crois toujours que si la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) avait été de l'avant avec son projet de reconstitution, il y avait un potentiel de violence, pour les raisons évoquées ci-haut. Ce projet déchaînait tellement les passions qu'il aurait fallu être complètement déconnecté de la réalité pour ne pas le croire », ajoute l'éditeur du Québécois. Patrick Bourgeois a de nouveau déploré la décision du PQ à son endroit. « Afin de se distancier de nous, il aurait tout simplement pu dire que la publicité placée dans nos pages ne permettait aucunement de dire qu'ils endossent nos stratégies, dit M. Bourgeois. Nous ferons donc comme nous faisions avant que n'éclate cette affaire, c'est-à-dire que pour nous, le PQ n'existe tout simplement pas. » Dossiers en profondeur
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