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PolitiqueCrise économique

Marois veut un gel des tarifs

Mise à jour le lundi 16 février 2009 à 21 h 51

La chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale du Québec, Pauline Marois, accuse Jean Charest et son gouvernement d'avoir caché aux Québécois l'état réel des finances publiques.

Après avoir répété pendant des semaines que les finances du Québec se portaient bien, le premier ministre Charest a déclaré, lors d'un tournoi de hockey amateur, samedi, que son gouvernement pourrait finalement devoir hausser les tarifs de certains services publics. Il a invoqué la situation économique difficile et les déficits budgétaires appréhendés dans les finances publiques.

La chef du Parti québécois piquée au vif

En entrevue sur les ondes de la radio de Radio-Canada, lundi matin, Pauline Marois a dit qu'elle était peu étonnée, mais tout de même choquée, de ce revirement de situation financière au gouvernement du Québec.

« C'est quand même assez incroyable et inconcevable. [Jean Charest] convoque l'Assemblée nationale en urgence les 13, 14, 15 janvier. Ça ne fait même pas un mois! À l'évidence, il savait à ce moment-là qu'il allait vers un déficit », a déclaré Pauline Marois.

« Deuxièmement, nous leur avons posé la question sur les tarifs, on a dit: "Est-ce que dans une période de difficulté économique on ne devrait pas geler certains tarifs pour soulager un peu la population?" Mais non, tout allait bien, tout était parfait, ils étaient en contrôle... », a rappelé la chef de l'opposition officielle.

Or, la semaine dernière, la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget, a annoncé publiquement que son prochain budget serait déficitaire après avoir prétendu le contraire pendant des semaines.

S'il y a quelqu'un qui pense qu'on devrait geler tous les tarifs au Québec, si Mme Marois, elle, pense cela, qu'elle le dise.

— Jean Charest

Un comportement jugé inacceptable par Pauline Marois qui visiblement ne croit pas que les libéraux ignoraient à ce moment ce vers quoi se dirigeaient les finances de la province. « À la rentrée du conseil des ministres, interrogée par les journalistes, elle va laisser tomber une chose qui est énorme [l'annonce d'un déficit], parce qu'elle l'a nié pendant des semaines en commençant pendant la campagne électorale », a accusé Pauline Marois sur les ondes de la radio de Radio-Canada.

« Je ne pardonne pas à M. Charest d'avoir menti à la population québécoise », a renchéri la chef du Parti québécois.

Reconnaissant cependant que la détérioration des finances du Québec pourrait effectivement entraîner la hausse de certains tarifs, Pauline Marois a rejeté l'idée de procéder à ces hausses en période de difficulté économique.

« Mais oui, dans certains cas, il faudra songer à les hausser, mais pas pendant la crise économique. C'est le pire moment, parce que les consommateurs ont besoin de respirer un peu, ils ont besoin de liquidités », a expliqué Pauline Marois.

Khadir fustige Charest

De son côté, Québec solidaire a accusé le gouvernement Charest de vouloir profiter de la crise économique pour hausser les tarifs au détriment de la population. « Le gouvernement a clairement l'intention de se servir de la crise comme prétexte pour hausser les tarifs sur le dos de la population », a déclaré le seul député du parti, Amir Khadir, dans un communiqué.

Selon lui, « couper dans les services aux citoyens et hausser les tarifs pour sortir de la crise, c'est punir la population pour l'incompétence et la malhonnêteté de banquiers et gestionnaires de fonds privés qui nous ont plongés dans la récession ».

Pour sortir de la crise, le parti de gauche propose de contrer la hausse du coût de la vie en haussant le salaire minimum, en augmentant la liste des produits exemptés de la taxe de vente du Québec (TVQ) et en investissant en transport en commun et en efficacité énergétique.

Charest enfonce le clou

Jean Charest

Crise économique ou pas, le premier ministre n'a pas l'intention d'intervenir auprès des sociétés d'État pour prévenir des hausses de tarifs.

Il a déclaré, lundi, qu'il revenait aux organismes responsables, comme la Régie de l'énergie pour Hydro-Québec, de gérer les augmentations de tarifs.

Selon M. Charest, les mécanismes actuels de surveillance des hausses tarifaires fonctionnent très bien, et il craint qu'un gel des tarifs le force à faire des compressions dans les services à la population.

On veut agir en maintenant les services et en faisant en sorte que l'économie du Québec puisse à la fois passer à travers la tempête et également rebondir.

— Jean Charest

Plusieurs s'attendent à ce qu'Hydro-Québec et la Régie des rentes, dans la foulée des importants déficits à la Caisse de dépôt et placement, annoncent bientôt des augmentations de tarifs ou de cotisation. Il y a déjà d'ailleurs des propositions en ce sens sur la table. Hydro-Québec, par exemple, aimerait bien augmenter ses tarifs de 2 % d'ici avril, et la Régie des rentes veut augmenter la contribution annuelle des travailleurs de 2100 $.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

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