La gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a lu le quatrième discours du Trône du gouvernement Harper, une démarche essentiellement procédurale, en attendant le dépôt du budget, mardi. Il s'agit d'un budget qui prévoit un déficit de 34 milliards en 2009-2010, et de 30 milliards, en 2010-2011. Surtout, ce budget décidera de la survie ou de la chute du gouvernement minoritaire de Stephen Harper.
La gouverneure générale, Michaëlle Jean, prononce un discours du Trône qui fait appel à la solidarité de l'opposition en cette période économique difficile.
Dans le discours lu par la gouverneure générale, le gouvernement reconnaît que la crise financière mondiale touche durement l'économie du pays et qu'elle a forcé le gouvernement à revoir ses priorités.
« Le programme du gouvernement et les priorités du Parlement doivent être adaptés à une crise qui empire. Les vieilles hypothèses doivent être éprouvées et les décisions d'autrefois, repensées. L'économie mondiale s'est affaiblie depuis la dernière élection générale fédérale. En fait, elle s'est affaiblie davantage depuis la dernière session du Parlement, le mois dernier », a dit Mme Jean.
Ce discours du Trône - sans doute l'un des plus courts de l'histoire - fait appel à la solidarité des partis d'opposition. « La crise actuelle est nouvelle, mais l'impératif d'une action concertée est un défi que le Parlement a relevé à maintes reprises au cours de notre histoire. Nous serons aujourd'hui soutenus par les mêmes traits de caractère qui ont déjà permis au Canada de traverser des temps difficiles: unité, détermination et constance », peut-on lire dans le discours.
Le gouvernement Harper a carrément changé de ton depuis la prorogation de la session, avant les fêtes, en donnant la priorité à l'économie, en développant un plan d'action et en tendant la main aux partis d'opposition.
Le discours du Trône n'annonce rien de nouveau qui n'ait déjà été dit. Il reconnaît que la relance de l'économie sera « le point central » de son action au cours de la prochaine année.
Tout le monde s'attend à une baisse d'impôt pour les contribuables, et à plusieurs mesures d'aide à l'industrie. Durant les derniers jours, les conservateurs ont donné beaucoup d'information sur les programmes d'aide qu'ils entendent appliquer à certaines secteurs, notamment l'industrie automobile, forestière, touristique, et culturel, pour aider les travailleurs ou moderniser les infrastructures du pays.
Mais, les détails ne seront pas connus avant le dépôt du budget par le ministre des Finances, Jim Flaherty.
La session parlementaire avait été suspendue le 4 décembre dernier à la demande du premier ministre, qui tentait d'éviter la chute de son gouvernement au profit d'une coalition des libéraux et des néo-démocrates, appuyée par le Bloc québécois.
Stephen Harper a besoin de l'appui d'au moins une formation adverse pour conserver le pouvoir. Le nouveau chef libéral, Michael Ignatieff, a dit qu'il ne s'opposerait pas nécessairement au budget, mais il attend de le voir avant de prendre une décision. Celle-ci ne sera pas prise avant mercredi, le lendemain du dépôt du budget.