Un instrument nuisible?

Pauline Marois

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a demandé, lundi, l'abolition du Conseil de la fédération qui a été mis sur pied en 2003 à l'initiative du premier ministre du Québec, Jean Charest.

La chef de l'opposition officielle estime que cet organisme est non seulement inutile, mais nuisible.

Selon elle, le Conseil de la fédération affaiblit le rapport de force du Québec en l'obligeant à faire des compromis sur certains enjeux pour s'entendre avec les autres provinces.

« Les résultats sont absolument catastrophiques. En fait, il n'y a aucun résultat au rendez-vous, parce qu'à chaque fois, [le premier ministre du Québec] doit faire des efforts pour obtenir des consensus qui vont à l'encontre des intérêts du Québec », dit-elle.

Mme Marois s'appuie sur les résultats de la dernière rencontre fédérale-provinciale sur l'économie, qu'elle juge très décevante, pour conclure que Jean Charest doit se retirer du Conseil de la fédération.Vendredi dernier, M. Charest avait vivement dénoncé Ottawa, qui a décidé de modifier la formule de calcul de la péréquation. Cela pourrait impliquer un manque à gagner de plus d'un milliard pour le Québec.

« Ce pourquoi il a été obligé de hausser le ton, dit Mme Marois, c'est parce qu'il a tellement réduit son rapport de force que son ton doit monter s'il veut être crédible et pris au sérieux. »

Elle affirme qu'il est temps que le premier ministre rétablisse des relations bilatérales avec Ottawa pour mieux défendre les intérêts du Québec. « À mon point de vue, il faudrait absolument qu'il y ait des relations bilatérales avec Ottawa. C'est fondamental. Et dans le passé, on a toujours eu des relations avec les autres provinces ».

La chef de l'opposition ajoute que le fédéralisme d'ouverture du gouvernement Harper semble désormais céder le pas à un fédéralisme plus agressif.

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