Michael Ignatieff
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PC/Fred Chartrand
L'opposition officielle à Ottawa, dirigée par son nouveau chef, Michael Ignatieff, tient sa deuxième journée de caucus en vue de préparer la rentrée parlementaire la semaine prochaine.
Une semaine avant le discours du Trône, et au terme d'une deuxième journée de caucus pour préparer la nouvelle session parlementaire à Ottawa, les libéraux se font très discrets sur la coalition.
Dimanche, le chef libéral affirmait qu'il n'hésiterait pas à défaire le gouvernement minoritaire du conservateur Stephen Harper, si le budget ne répondait pas à trois critères: « protéger les personnes vulnérables, protéger les travailleurs et créer des emplois ». Des critères, selon les analystes, assez vagues pour permettre aux libéraux de ne pas voter contre le budget.
Lundi matin, d'ailleurs, aucune mention de la coalition avec les néo-démocrates, appuyée par les bloquistes. Cette omission fait dire aux observateurs de la scène politique que Michael Ignatieff ne semble pas vraiment tenir à ce front commun mis de l'avant par son prédécesseur, Stéphane Dion. En fait, il ne voudrait surtout pas se retrouver en élections, et espère trouver une façon d'appuyer le budget qui sera déposé le 27 janvier prochain.
Officiellement, la coalition tient toujours, mais on croit plutôt qu'il s'agit d'une arme de négociation si jamais la gouverneure générale devait en venir à choisir entre le déclenchement d'une élection ou un gouvernement de coalition, si les conservateurs étaient défaits sur le budget.
Des libéraux rencontrés à la porte du caucus ne semblent d'ailleurs pas tenir mordicus à cette coalition.
Marlene Jennings, députés de Notre-Dame-de-Grâce-Lachine
« La coalition, c'était au cas où. C'était un au cas où qui s'était présenté avant les fêtes, et on pensait qu'on aurait recours à la coalition. Ça ne s'est pas passé », a dit Raymonde Folco, députée libérale de Laval-les-Îles.
« La coalition est une façon, si jamais la gouverneure générale est demandée de déclencher des élections, qu'elle a une option », affirme de son côté, la députée de Notre-Dame-de-Grâce-Lachine, Marlene Jennings.
Michael Ignatieff ne parle pas non plus des réductions d'impôts que le gouvernement Harper veut offrir à la classe moyenne. La semaine dernière, il déclarait pourtant qu'il voterait contre un budget qui offre des réductions d'impôt. Il est maintenant plus discret là-dessus. Les députés libéraux disent que ce n'est pas le moment d'accorder des réductions d'impôts importantes, qu'il faut adopter d'autres mesures pour stimuler l'économie. Cependant, aucun libéral n'en fait un obstacle majeur à l'adoption du budget. Ils disent qu'il faut lire le budget dans son ensemble, et qu'il faut adopter une attitude responsable.
Tous les partis d'opposition fédéraux fourbissent leurs armes en vue de la rentrée parlementaire. Les députés néo-démocrates sont aussi réunis en caucus, à Ottawa, alors que ceux du Bloc québécois feront de même à compter de mardi, à Montréal.