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Politique

Déficit fédéral
Harper renie son idéologie

Mise à jour le samedi 20 décembre 2008 à 6 h 32

Le premier ministre Stephen Harper

Le premier ministre Stephen Harper

Un lourd déficit d'au moins 30 milliards de dollars attend le gouvernement fédéral. Le premier ministre Stephen Harper a confirmé la nouvelle dans une entrevue au réseau CTV.

M. Harper reconnaît du même souffle qu'il trouve la situation particulièrement troublante en tant que conservateur, mais il ajoute que sa formation d'économiste prend le dessus sur ses préférences idéologiques.

Rappelons que son gouvernement minoritaire prépare un plan de relance de l'économie qui sera annoncé dans le budget, le 27 janvier prochain. Le plan doit atteindre près de 2 % du produit intérieur brut, c'est-à-dire de 20 à 30 milliards de dollars.

Le déficit prévu pour 2009-2010 sera le premier depuis 11 ans au Canada. Il y a trois semaines à peine, le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, prévoyait encore de modestes surplus au Canada.

M. Harper a exprimé un certain désarroi par rapport au fait que le Canada retourne dans le rouge pendant qu'il est au gouvernail. Il faut rappeler que Stephen Harper avait commencé sa carrière politique en martelant qu'il fallait toujours équilibrer les budgets, et que cette doctrine devait être inculquée dans la mentalité canadienne.

Il a aussi écrit le programme électoral du défunt Parti réformiste. Cette formation de droite stipulait qu'un gouvernement fédéral pouvait éliminer un déficit de 40 milliards de dollars durant un seul mandat. Les libéraux y sont parvenus quatre ans plus tard et le Canada a accumulé une série de surplus depuis.

« J'avais prévu gouverner dans d'autres circonstances », a affirmé M. Harper.

Stephen Harper promet que tout déficit serait temporaire. Des conservateurs de l'aile droite du parti ont déploré, vendredi, que l'un des leurs eût décidé de plonger le pays dans le rouge. Ils ont aussi émis des doutes au sujet de la possibilité qu'un déficit ne soit que temporaire.

Hausser la TPS?

Le chef du Parti libéral du Canada Michael Ignatieff estime qu'il faudra peut-être augmenter la taxe de vente sur les produits et services (TPS) si le gouvernement fédéral fait plusieurs déficits budgétaires successifs.

M. Ignatieff indique qu'une telle mesure ne peut être envisagée maintenant en raison de la crise économique, mais qu'elle pourrait l'être après trois ou quatre années déficitaires.

La TPS était de 7 % avant l'arrivée des conservateurs au pouvoir. Stephen Harper l'a réduite à 5 %, faisant perdre des milliards de dollars par année au gouvernement fédéral.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne