18 décembre 2008
![]() PolitiqueCabinet Charest L'opposition a des réservesMise à jour le vendredi 19 décembre 2008 à 8 h 33
L'opposition à Québec n'avait pas grand chose de positif à dire sur le nouveau conseil des ministres du gouvernement Charest. Autant l'Action démocratique (ADQ) que le Parti québécois (PQ) ont applaudi la parité hommes-femmes du nouveau cabinet, autant ils ont fortement critiqué l'absence de nouveaux visages dans les ministères à vocation économique. Selon eux, nommer les mêmes personnes aux mêmes postes n'augure rien de bon, alors que « l'on sait que le Québec est mal préparé pour faire face à la crise », a dit la chef du PQ, Pauline Marois, en conférence de presse. Mme Marois souligne aussi qu'à quelques exceptions près, le cabinet demeure inchangé, ce qui l'amène à s'interroger sur l'utilité de déclencher des élections générales. Elle ajoute que la nomination de Jacques Dupuis comme leader parlementaire du gouvernement n'augure rien de bon pour le déroulement des travaux à l'Assemblée nationale, en raison de son style agressif. Pauline Marois n'a pas voulu commenter la nomination d'une ancienne avocate d'Alliance-Québec, Kathleen Weil, au ministère de la Justice, estimant qu'il fallait laisser la chance au coureur. De son côté, le député adéquiste Marc Picard croit que le premier ministre Charest envoie un mauvais message en ajoutant huit ministres au cabinet, alors que de plus en plus de travailleurs sont mis à pied. De bons mots D'autre part, Mme Marois n'a pu que se réjouir de la parité hommes-femmes au cabinet, et a même dit qu'elle poursuivrait dans cette voie lorsqu'elle prendra le pouvoir. Marc Picard, lui, a dit qu'à « compétence égale, on doit prioriser les dames ». Un Cabinet salué par la société civile
Le Conseil des ministres à peine nommé, les réactions de la société civile ont afflué. La plupart saluent la continuité de ce Cabinet et pressent le gouvernement d'accéder à leurs revendications. Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) évoque un cabinet renouvelé, qui maintient « une continuité grandement appréciée des gens d'affaires du Québec ». Le premier vice-président du CPQ, Daniel Audet, a offert la « pleine collaboration » de l'organisme pour la « mise en oeuvre rapide des mesures qui sont requises pour faire face à la crise financière et au ralentissement économique actuels ». La continuité est aussi le maître mot pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN). « Nous espérons que cette continuité permettra d'améliorer les relations avec les organisations syndicales », a déclaré Louis Roy, vice-président de la CSN. Celui-ci s'attarde sur la nomination de Monique Gagnon-Tremblay au Conseil du Trésor: « Nous souhaitons vivement qu'elle reprenne rapidement les travaux sur la réforme du régime de négociations du secteur public amorcés par sa prédécesseure, Monique Jérôme-Forget ». Rappelons qu'un autre regroupement syndical, le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), accuse Québec de ne pas négocier sérieusement et quitte la table de travail sur la refonte du régime de négociation dans les secteurs publics et parapublics. Toujours dans le domaine syndical, l'Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP) se dit optimiste. Elle s'attend à une « plus grande disponibilité » de Monique Gagnon-Tremblay pour trouver « une solution juste et équitable à la désindexation de nos régimes de retraite ». La confirmation de Marguerite Blais au poste de ministre responsable des Aînés leur donne bon espoir de faire avancer les dossiers de la prévention du suicide chez les 50 ans et plus et de la lutte aux sévices envers les aînés. Une nouvelle fonction qui suscite l'enthousiasme des municipalités Le président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Robert Coulombe, « se réjouit particulièrement de la nomination de Mme Normandeau comme responsable de l'occupation du territoire ». Il ajoute que l'UMQ « tend la main au gouvernement pour mettre en place un véritable partenariat économique au bénéfice de tous les citoyens ». Parmi ses préoccupations figurent la diversification des sources de revenus municipaux et la poursuite des investissements « massifs » dans les infrastructures. Même son de cloche du côté de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui « accueille comme une importante victoire la nomination pour la première fois d'une ministre responsable de l'occupation dynamique du territoire ». « Une telle initiative est plus que jamais nécessaire, afin de contrer des phénomènes comme l'exode des jeunes et la dévitalisation des économies locales en remettant les territoires en mode développement », estime le président de la FQM, Bernard Généreux. Il salue aussi le retour de Claude Béchard au ministère des Ressources naturelles et de la Faune et espère le voir agir rapidement sur la réforme du régime forestier québécois et la « nécessaire révision du prix plafond pour le bloc d'énergie éolienne communautaire ». Les Premières Nations rejettent Pierre Corbeil Du côté de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APQNL), la nomination de Pierre Corbeil, ministre responsable des Affaires autochtones, reçoit un accueil de glace. Son chef, Ghislain Picard, estime que celui-ci a « largement démontré son incapacité totale à comprendre et à traiter adéquatement les questions liées aux Premières Nations ». « On peut s'interrogersur le signal que nous envoie Jean Charest et sur sa motivation », ajoute-t-il. Par conséquent, l'APQNL « continuera de tenir le premier ministre du Québec responsable des relations avec les Premières Nations ». Radio-Canada.ca avec Presse canadienne
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Conseil des ministres : Élargi et paritaire
audio-vidéo
18 décembre 2008
Josée Thibeault résume le litige autour de la nomination du ministre Corbeil.
Raymond Archambault s'entretient avec Jean Dussault des réactions liées à la composition du nouveau gouvernement de Jean Charest.
Marie-Andrée Brassard rapporte les réactions aux nouvelles nominations.
Pierre Maisonneuve discute avec Nathalie Normandeau, vice-première ministre et ministre des Affaires municipales, avec Bernard Drainville, député du Parti québécois dans Marie-Victorin, et avec Michel David, chroniqueur au Devoir.
À Québec, le maire Labeaume réagit au nouveau Cabinet libéral.
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