![]() PolitiqueCrise à Ottawa Une écoute qui fait du bruitMise à jour le dimanche 30 novembre 2008 à 22 h 29
Écoutes téléphoniques et accusations de complot; Ottawa prend des airs d'Hollywood avec une scène digne d'un film d'espionnage. Le gouvernement conservateur a accusé dimanche le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, et le Bloc québécois d'avoir planifié le renversement de Stephen Harper bien avant l'énoncé économique de jeudi dernier. Enregistrement téléphonique en main, les conservateurs affirment que l'énoncé du ministre Flaherty n'est qu'un prétexte invoqué par l'opposition pour prendre le pouvoir. Les conservateurs affirment que l'extrait prouve que la crise politique a été fomentée par l'opposition. Un porte-parole du Bloc québécois a rejeté cette interprétation. La conférence téléphonique en question aurait eu lieu samedi, à l'initiative du NPD. Un responsable néo-démocrate aurait malencontreusement donné le numéro à un membre du Parti conservateur, qui l'aurait ainsi enregistré. Thomas Mulcair crie au scandale Devant cette révélation, Thomas Mulcair a rué dans les brancards lors d'une conférence de presse tenue dimanche, en fin d'après-midi. « C'est proprement scandaleux », a lancé le lieutenant du parti au Québec. Lorsqu'on lui a demandé s'il y avait eu des conversations avant jeudi entre les partis politiques, le député néo-démocrate a répondu d'un cinglant « à aucun moment ». Ce n'est pas surprenant que nous parlions avec le Bloc. La question spécifique est "quand est-ce que les pourparlers ont commencé?" par rapport à une possible coalition. La réponse à cela est lorsque la mise jour économique a été présentée, jeudi. — Thomas Mulcair Le fruit de la coalition est-il mûr?Lire notre article au sujet des négociations pour un gouvernement de coalition à Ottawa. Poursuite envisagée Thomas Mulcair a précisé que les conservateurs n'étaient pas invités à cette conférence téléphonique, et a ajouté que le NPD avait consulté des spécialistes pour évaluer la possibilité d'intenter une poursuite au criminel. « Ils ont effectivement reçu les coordonnées de la conférence, mais soyons clairs, ils faisaient de l'écoute d'une conversation à laquelle ils n'avaient absolument aucun droit de participer, a déclaré M. Mulcair. Vous pouvez être sûrs qu'en termes juridiques, le NPD va tout faire, tantôt devant la Chambre des communes, en ce qui concerne les droits, les prérogatives et les privilèges des membres du NPD qui ont été enfreints en ce qui nous concerne. ». Et d'ajouter: « Vous savez quoi? Ça démontre le désespoir des conservateurs ». Un acte potentiellement criminel Interviewé par Radio-Canada, le criminaliste Gilles Ouimet note que « l'interception d'une conversation entre des personnes [sans leur consentement] est un geste criminel », tout comme la détention et la diffusion d'un tel enregistrement. Il rappelle aussi qu'une téléconférence peut être considérée comme étant privée. M. Ouimet émet toutefois un bémol au niveau du consentement. « S'[ils ont été invités] par erreur, on ne peut pas prétendre qu'il y a eu consentement à leur participation. Si on a délibérément permis aux conservateurs de participer, ils peuvent dire qu'ils étaient invités », affirme-t-il. Selon lui, ces actes peuvent mener jusqu'à une peine de 5 ans de prison, à condition d'avoir « des éléments de preuve pour prouver l'infraction ». Dossiers en profondeur
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