Stephen Harper en point de presse
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PC/Tom Hanson
le gouvernement conservateur minoritaire se donne un sursis face à une opposition coalisée qui semble déterminée à le défier.
Le premier ministre conservateur reporte au 8 décembre le vote de confiance qui pourrait faire tomber son gouvernement et accuse l'opposition de vouloir aller à l'encontre du choix des électeurs.
Le premier ministre Stephen Harper a déclaré lors d'un point de presse, vendredi après-midi, qu'il repoussait au 8 décembre la journée d'opposition des libéraux et le vote sur son énoncé économique qui devaient avoir lieu lundi prochain. Cette journée et ce vote devaient à l'origine avoir lieu ce lundi et auraient pu faire tomber son gouvernement.
Soutenant que son parti disposait d'un mandat renforcé pour faire face à la crise économique, M. Harper a remis en question la légitimité des manoeuvres de l'opposition, qui cherche à renverser son gouvernement.
Le Parti libéral et le NPD ont entamé vendredi des pourparlers en vue de former un gouvernement de coalition, advenant la défaite des conservateurs lors de ce vote de confiance. Le Bloc québécois participe aux discussions en cours, son appui étant indispensable pour porter et maintenir au pouvoir une telle coalition.
le premier ministre Harper a accusé ses adversaires d'agir sans le consentement des électeurs et fait valoir que les électeurs ne voulaient pas de Stéphane Dion comme premier ministre. Il a en outre soutenu que le chef libéral n'avait pas le droit de prendre le pouvoir sans élection.
M. Harper a raillé le projet de coalition, soulignant qu'au cours de la dernière campagne, les libéraux ont accusé les néo-démocrates de promouvoir des politiques néfastes pour l'économie. Il a aussi attaqué ses adversaires qui s'appuieraient, pour arriver à leur fin, sur un parti, le Bloc québécois, qui veut détruire le pays.
Un gouvernement en sursis
Au lendemain de la présentation controversée de la mise à jour économique du ministre des Finances, Jim Flaherty, les partis d'opposition ne décolèrent pas. Ils dénoncent avec force les mesures annoncées jeudi de réduction des dépenses de l'État, jugées contreproductives en période de crise économique, et déplorent l'absence de mesures concrètes pour stimuler l'économie.
Les libéraux avaient prévu de déposer lundi une série de motions aux Communes, dont une de défiance à l'encontre du gouvernement minoritaire de Stephen Harper. La motion de défiance, qui a l'appui du Bloc québécois et du Nouveau Parti démocratique, propose la formation d'un nouveau gouvernement de coalition pour diriger le pays.
Signe parmi d'autre du sérieux de l'entreprise, libéraux et néo-démocrates ont fait respectivement appel à l'ancien premier ministre Jean Chrétien et à l'ancien-chef néo-démocrate Ed Broadbent pour mener les pourparlers entre les deux formations politiques.
Les spéculations vont bon train pour tenter de déterminer qui, notamment, dirigerait cet éventuel gouvernement de coalition.
Selon des sources, ni les néo-démocrates ni les libéraux ne semblent prêts à voir Stéphane Dion diriger le pays dans un éventuel gouvernement de coalition.
La colère de l'opposition portait aussi à l'origine sur le projet des conservateurs d'abolir les subventions versées aux partis politiques pour financer leurs activités. Le gouvernement a depuis retiré cette mesure de sa motion, mais l'opposition a répliqué que sa colère portait avant tout sur l'absence de mesures pour stimuler l'économie.
À la sortie de la Chambre, vendredi, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a été très clair: « Il y a un énoncé économique qu'on n'accepte pas. Qu'ils ne reviennent pas avec ça, on ne l'accepte pas. C'est non. »
Même chose pour les néo-démocrates, comme le précise le député Thomas Mulcair: « Moi-même et les autres membres du caucus NPD sont archiclairs là-dessus. Nous allons nous opposer fermement à cette stratégie des conservateurs ».
Nullement en reste, le député libéral Scott Brison a été aussi ferme:« Jusqu'à ce qu'il présente une proposition pour aider les gens, nous ne le [gouvernement conservateur] supporteront pas ».
En tournée en Europe, la gouverneure générale, Michaëlle Jean, a fait savoir qu'elle est était prête à revenir au pays en cas de crise politique.
Pas nécessairement une coalition
Le critique du Parti libéral en matière de finances, John McCallum, et la députée de Notre-Dame-de-Grâce, Marlene Jenning prennent la parole.
Étonnamment, ce n'est pas le chef du Parti libéral, Stéphane Dion, qui a répliqué à la déclaration du premier ministre Harper, mais deux députés, John McCallum et Marlene Jennings. Ne cachant pas qu'ils discutent avec les autres partis de l'opposition, il semble que les libéraux cherchent à gouverner avec l'appui des autres partis. Ainsi, selon toute vraisemblance, ils ne formeraient pas un gouvernement de coalition avec les néo-démocrates, tel qu'il a été question jusqu'à présent.
Le Bloc québécois a déjà déclaré qu'il ne comptait pas faire partie d'un gouvernement de coalition, mais appuierait une coalition si ce devait être plus avantageux pour le Québec. M. Duceppe a d'ailleurs reconnu avoir rencontré Stéphane Dion et Jack Layton.
M. McCallum, critique du Parti libéral en matière de finances, considère que les conservateurs n'ont rien proposé pour soutenir l'économie. Il a martelé que si son parti forme le gouvernement, sa priorité sera d'assurer la stabilité de l'économie du pays. Il a dit qu'en tant qu'ancien banquier, il juge important d'agir pour soutenir la stabilité des marchés.
Répondant à la question d'un journaliste, Mme Jennings, députée de Notre-Dame-de-Grâce, a promis que si tout se déroule rondement, les libéraux pourraient proposer très rapidement un plan pour stimuler l'économie et soutenir les familles. Concernant le délai pour présenter leur plan, elle a précisé qu'il serait alors question de jours, et non de semaines.
Si le gouvernement minoritaire conservateur devait être battu lors du vote de la Chambre, deux scénarios sont envisageables : la dissolution de la Chambre des communes et le déclenchement de nouvelles élections ou la formation d'une coalition pour gouverner le pays jusqu'aux prochaines élections.