24 novembre
Le déficit pourrait exploser, selon une étude25 novembre
![]() PolitiqueFinances publiques Flaherty se met l'opposition à dosMise à jour le mercredi 26 novembre 2008 à 22 h 42
La mise à jour économique du ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, n'est pas encore déposée qu'elle provoque déjà l'ire de l'opposition. Le ministre devrait annoncer jeudi que les députés, les ministres et les hauts fonctionnaires devront réduire leurs dépenses discrétionnaires. Les frais de déplacement et les salaires des députés devraient notamment être touchés. Les salaires des députés sont indexés annuellement en fonction d'un calcul basé sur la moyenne des augmentations de salaire accordées au pays. La hausse de cette année devait être entre 3 % et 4 %. Le ministre Flaherty va semblablement leur demander d'annuler cette hausse. Une loi devrait être déposée à cette fin jeudi. Il devrait aussi y avoir de nouvelles normes pour les voyages en classe affaires et Ottawa demanderait à ses hauts fonctionnaires de réduire leurs bonis de rendement. L'opposition monte aux barricades C'est toutefois une autre mesure qui soulève la colère des partis de l'opposition. Jim Flaherty s'apprêterait en effet à sabrer leurs revenus en abolissant une part du financement public. Il entendrait supprimer le montant de 1,95 $ par vote valide accordé à chaque parti qui a amassé au moins 2 % des voix à l'échelle nationale. Cette mesure avait été mise en place pour compenser l'interdiction faite aux partis de solliciter des fonds auprès des entreprises. Selon les conservateurs, l'abolition de cette subvention va permettre l'économie de 30 millions de dollars par année en fonds publics. Ils pourront également faire valoir qu'ils sont eux-mêmes prêts à faire des sacrifices.
En effet, conformément aux résultats du dernier scrutin, le Parti conservateur est celui qui recevrait le plus gros montant par l'entremise de cette subvention, mais il est aussi celui qui a le moins besoin du financement public. Il recevrait ainsi 10 millions de dollars, qui représentent 37 % de son financement. Le Parti libéral recevrait pour sa part 7,1 millions de dollars, soit 63 % de son financement, le NPD 4,9 millions, soit 57 % de son financement, et le Bloc québécois 2,4 millions, qui représentent 86 % de son financement. Mercredi soir, les partis d'opposition ont accusé le gouvernement Harper de se servir de la crise économique comme prétexte pour mettre en place des mesures partisanes. Les règles de financement des partis politiques au Canada ont assaini les finances des partis, ont assaini les moeurs politiques au Canada. M. Harper désire un retour aux enveloppes brunes? Je ne crois pas. — Thomas Mulcair, député néo-démocrate d'Outremont Avec les mesures qui seront annoncées, le ministre Flaherty compte prôner le « leadership par l'exemple ». Les familles et les entreprises canadiennes devront toutes, selon lui, examiner comment elles utilisent leur argent. Pas de mesures de relance En outre, le gouvernement n'envisage pas d'annoncer de mesures de relance jeudi, ce que dénonce aussi l'opposition. Jim Flaherty a laissé entendre cette semaine que, si son gouvernement mettait en place des mesures de soutien pour les secteurs en crise, elles ne seraient pas annoncées avant le prochain budget. La date du dépôt de celui-ci pourrait d'ailleurs être avancée. Habituellement, le ministre des Finances dépose son budget entre le 20 et le 28 février. Mardi, le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) a annoncé que le déficit pourrait atteindre 27,8 milliards de dollars en 2010-2011, soit bien plus que ce qu'a prévu le directeur parlementaire du budget fédéral, Kevin Page. |