27 octobre 2008
![]() PolitiqueQuébec On ne parle que d'électionsMise à jour le mardi 28 octobre 2008 à 17 h 26
À Québec, la configuration électorale se dessine de plus en plus nettement. Les indices se multiplient, les décisions semblant être prises en fonction du déclenchement d'élections générales la semaine prochaine. Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, a emboîté le pas au premier ministre Jean Charest, mardi, en annulant sa participation à la mission économique québécoise en Chine. De toute évidence, le premier ministre tient à ce que ses ténors économiques ne s'éloignent pas trop. Jean Charest a désigné l'ancien premier ministre péquiste Pierre Marc Johnson pour diriger la délégation québécoise de la mission des leaders canadiens en Chine. De son côté, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a annoncé qu'elle remettait la présentation de son énoncé économique au mardi 4 novembre prochain. La veille, il y aura une rencontre des grands argentiers des provinces, à laquelle participera Mme Jérôme-Forget. Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, sera aussi présent. Les possibilités d'élections sont aussi fortement soutenues par deux sondages publiés dans des quotidiens, mardi, indiquant que le parti de Jean Charest semble toujours avoir la faveur des électeurs québécois. Ambiance électorale À l'Assemblée nationale, lors de la période de questions de mardi après-midi, on ne parlait que d'élections. L'Action démocratique du Québec (ADQ) et le Parti québécois (PQ) s'interrogent sur la pertinence de tenir un scrutin en période de ralentissement économique. Le chef de l'opposition officielle adéquiste, Mario Dumont, se dit prêt à travailler avec le gouvernement Charest pour faire face à une éventuelle crise économique. « On veut travailler, là. [Le gouvernement] a besoin de collaboration, on veut travailler. La liste des projets de loi, les projets de loi qui sont déposés avec leur numéro, les mesures budgétaires. On attend la liste », a déclaré le chef de l'ADQ. Le premier ministre s'est contenté de se moquer de Mario Dumont: « Ça va passer à l'histoire, la journée d'aujourd'hui. C'est le jour où le chef de l'opposition officielle s'est présenté à l'Assemblée nationale pour travailler. La question est la suivante: il faisait quoi les autres jours, quand le gouvernement a baissé les impôts pour la classe moyenne? ».
La chef du PQ, Pauline Marois, accuse pour sa part Jean Charest d'être irresponsable s'il déclenche des élections maintenant: « J'ai l'impression, à ce moment-ci, que le premier ministre garde plutôt les yeux sur les sondages. Il agit, à mon point de vue, en irresponsable ». Jean Charest n'a pas répondu plus sérieusement à la chef péquiste qu'il ne l'a fait pour le chef de l'ADQ. « Faudrait que la chef de la deuxième opposition nous explique le sens de sa question, alors que tout le Québec a vu, hier, la chef de la deuxième opposition en train de décorer son autobus de campagne », a dit M. Charest. Le ton est donné et les jeux semblent faits. Le Parti libéral a bien l'intention de se présenter comme le parti le plus en mesure de gérer le ralentissement économique. L'Action démocratique rétorque que, lorsqu'il y a péril en la demeure, mieux vaut gérer le quotidien plutôt que de déclencher des élections. Le Parti québécois semble du même avis que l'opposition officielle. L'énoncé économique reporté au 4 novembre pourrait donc être l'événement préparatoire au déclenchement d'élections dès le lendemain, malgré l'annonce de Jean Charest de participer à la rencontre fédérale-provinciale sur l'économie, à Ottawa, le 10 novembre. Dossiers en profondeur
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