Le Parti québécois a continué d'interpeller le gouvernement de Jean Charest au sujet de la situation économique, dimanche, à l'occasion de la clôture de la Conférence nationale des présidents d'association du PQ.
La chef péquiste Pauline Marois demande au gouvernement Charest d'élaborer un plan d'urgence économique. Le PQ est prêt à collaborer, mais avertit que sa patience a des limites.
La chef péquiste Pauline Marois a exigé dimanche de connaître la marge de manoeuvre financière du gouvernement en ces temps d'incertitude. Une réponse qui pourrait arriver cette semaine avec la mise à jour économique de la ministre des Finances du Québec, dont la publication est prévue jeudi.
Mme Marois a affirmé que le Parti québécois savait quoi faire pour pallier un éventuel ralentissement économique et avait déjà géré ce genre de crise dans le passé. Elle a dit être prête à collaborer avec le gouvernement Charest pour élaborer un plan d'urgence afin de faire face aux effets potentiels de la crise financière mondiale.
D'autres députés péquistes avaient toutefois un ton plus ferme et combatif. Pendant que François Legault disait que le PQ talonnerait le premier ministre au sujet de l'économie, Sylvain Simard a lancé un avertissement plus clair: « Si vous continuez à ne pas agir comme vous le faites, nous allons vous défaire, M. Charest », a-t-il lancé.
Plus tôt, M. Simard affirmait qu'un capitaine ne quittait pas le navire au milieu de la tempête, une opinion plus près de celle de sa chef Pauline Marois. De son côté, le député Bernard Drainville a estimé que le Parlement fonctionnait encore bien, que le PQ y avait sa place et que, de toute manière, l'opposition officielle adéquiste, en baisse dans les sondages depuis un an, n'était pas prête à se lancer en élections.
Mais si le premier ministre Charest déclenche lui-même des élections, le PQ sera prêt à se battre pour la victoire, a promis Pauline Marois.
Pèlerinage pour la souveraineté
D'ailleurs, le Parti québécois a profité de la fin de semaine pour présenter son manifeste pour la souveraineté. Mme Marois a l'intention, si des élections ne viennent pas bousculer ses plans, de faire une tournée québécoise des cégeps et des universités pour expliquer les raisons de faire la souveraineté à la population québécoise.
Même les militants péquistes les plus radicaux ont appuyé la démarche contenue dans le manifeste. Et chose certaine, le PQ ira cette fois-ci en campagne électorale sans promettre un référendum dès le premier mandat d'un éventuel gouvernement péquiste.
Toutefois, en raison de l'importance accordée à la situation économique actuelle, les militants péquistes n'ont pu achever l'argumentaire qu'ils promettaient pour expliquer les raisons de faire la souveraineté. Pauline Marois a dit qu'il s'agissait d'un projet évolutif, et que plusieurs propositions avaient été faites au cours du week-end pour l'ajuster. Le PQ promet de présenter cet argumentaire d'ici une semaine.
Quant à la santé du Parti québécois, peu d'informations ont filtré au sujet de ses états financiers et du nombre de ses membres. La dette de 1 million de dollars héritée de la dernière campagne électorale, en mars 2007, aurait été effacée de moitié, selon la présidente de l'exécutif du PQ, Monique Richard. Pauline Marois a indiqué qu'une campagne de financement spéciale aurait lieu si des élections sont déclenchées.
Le PQ compterait environ 100 000 membres à l'heure actuelle, une donnée qui n'a pas été confirmée par le parti. Monique Richard a toutefois admis que le nombre de membres avait légèrement diminué depuis l'entrée en fonction de Mme Marois, en juin 2007. Rappelons que le nombre de membres avait augmenté pendant la dernière course à la direction du parti, en 2005, remportée par André Boisclair.
La Conférence nationale des présidents du PQ a également été une occasion de poursuivre les célébrations du 40e anniversaire de la fondation du parti souverainiste, en 1968.