Le président français Nicolas Sarkozy et le premier ministre du Québec Jean Charest à l'Assemblée nationale, à Québec.
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PC/Jacques Boissinot
Le premier ministre français et le premier ministre du Québec minimisent la portée des propos du président Nicolas Sarkozy qui ont indigné l'ex-leader souverainiste Jacques Parizeau.
Le premier ministre de la France, François Fillon, a tenté dimanche de mettre fin à la controverse entourant les propos tenus vendredi par le président Nicolas Sarkozy.
Lors d'une conférence de presse portant essentiellement sur la crise financière, le président Sarkozy avait affirmé que le monde n'a pas besoin « d'une division supplémentaire ». L'ex-premier ministre du Québec Jacques Parizeau a réagi fortement à cette déclaration qu'il interprétait comme un rejet du projet d'indépendance et une ingérence politique. D'autres leaders souverainistes lui ont plutôt donné le bénéfice du doute.
François Fillon
Dans une entrevue à TV5 Monde, François Fillon a estimé que M. Parizeau avait certainement dépassé sa pensée. Le premier ministre français a plutôt insisté sur le discours de Nicolas Sarkozy à l'Assemblée nationale du Québec, ouvert et moderne, selon lui, au cours duquel il a parlé de liens fraternels entre la France et le Québec, et de liens d'amitié avec le Canada.
« Il faut arrêter de couper les cheveux en quatre et regarder les choses simplement. Le président a utilisé une belle formule. Les Canadiens sont nos amis, au sens le plus fort du terme. Et les Québécois sont nos frères », a déclaré M. Fillon.
La « ni-ni » est intacte, dit Charest
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a déclaré pour sa part que la « fameuse politique de non-ingérence, non-indifférence demeure intacte », avant d'ajouter qu'elle « s'appliquerait dans l'hypothèse où il y aurait un référendum ».
Or, « même [la chef péquiste] Pauline Marois a dit qu'il n'y en aurait pas [si elle remportait les prochaines élections], a-t-il fait valoir.
Samedi, le Secrétaire d'État français chargé de la Francophonie avait dû monter aux barricades défendre les propos de son président au sujet de la relation triangulaire France-Québec-Canada. (Lisez l'article à ce sujet)
La chef péquiste Pauline Marois avait pour sa part plutôt mis l'accent sur le discours du président français à l'Assemblée nationale, où elle estime que M. Sarkozy a reconnu l'existence du peuple québécois, de la nation québécoise, « avec une identité propre, avec une langue en partage, avec une culture particulière ».
Nord et Sud réunis
Le premier ministre Charest semblait visiblement fier que Québec ait accueilli « le premier forum Nord-Sud dans la foulée de la crise [économique] », en faisant référence aux discussions de samedi sur le thème de la Gouvernance économique.
« Cela a été une première occasion pour les pays du Sud de se prononcer sur les conséquences qu'ils anticipent. Ils craignent avec raison que la crise ait un impact sur les budgets d'aide au développement », a-t-il affirmé, dimanche, sur les ondes de RDI.
Avant l'entrevue, il venait d'assister au dernier débat du Sommet de la Francophonie, qui était consacré à la langue française. Il a souligné que le Québec était un bon baromètre de l'état de santé du français.
Paradoxalement, c'est la première fois que le français était un thème à part entière d'un Sommet de la Francophonie.
Le PQ critique, l'ADQ satisfaite
Dimanche, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a toutefois déploré que le gouvernement fédéral ait semblé prendre plus de place que le gouvernement québécois au Sommet de la Francophonie. Selon la chef péquiste, le premier ministre Charest n'a pas su s'imposer.
Pauline Marois (archives)
« On a senti l'empreinte canadienne très forte et le leadership québécois moins significatif. Ça m'attriste un peu, parce que je crois que nous sommes, comme francophones d'Amérique ici au Québec, le peuple et la nation le mieux placés pour exercer un leadership à cet égard », a déclaré Mme Marois en point de presse.
À l'instar de Jean Charest lors de la conférence de presse de clôture du Sommet, la chef du PQ a souligné qu'il s'agissait d'une rare réunion des pays du Nord et du Sud. Mais elle a déploré que les huis clos imposés pour le déroulement des travaux n'aient pas permis au public d'entendre beaucoup parler des enjeux touchant les autres pays de la Francophonie.
De son côté, le chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, Mario Dumont, s'est réjoui de l'appui donné par l'Organisation internationale de la Francophonie à un sommet international sur la crise financière, que le président français a promu auprès de son homologue américain George W. Bush.
Mario Dumont (archives)
« Sarkozy est parti avec une idée autour de l'Union européenne, et la Francophonie a été la première grande organisation internationale à se réunir là-dessus et à donner une poussée à cette idée d'un grand sommet », a dit le chef de l'Action démocratique du Québec.
Mario Dumont salue aussi l'intention exprimée par la Francophonie de renforcer la place de la langue française dans le monde. Il estime que le manque de présence du français dans le cadre des Jeux olympiques de Pékin, en août, a ouvert les yeux des dirigeants du monde francophone.
Élections en 2008?
À quelques heures de la fin du Sommet de la Francophonie, le premier ministre Jean Charest a laissé entendre de nouveau qu'il n'envisageait pas de déclencher des élections générales d'ici la fin de l'année.
Toujours sur les ondes de RDI, il a indiqué qu'il n'avait pas eu le temps de se pencher sur la question.