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PolitiqueParti libéral du Canada

Dion sortira du mutisme

Mise à jour le lundi 20 octobre 2008 à 14 h 08

Stéphane Dion

Photo: AFP/John Major

Stéphane Dion

Muet depuis le soir des élections fédérales, le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, brisera le silence lundi. Il a convoqué la presse à Ottawa à 14 h.

Les rumeurs quant à son avenir à la tête du PLC vont bon train depuis que le parti a encaissé une de ses pires défaites électorales. Il est, depuis, retranché dans sa résidence d'Ottawa et entouré de ses proches conseillers.

Ces derniers l'auraient prévenu qu'il ne pourrait très certainement pas remporter un vote de confiance obligatoire prévu en mai prochain à Vancouver.

La convocation de la presse survient alors que certains de ses députés réclament son départ et que circulent les noms d'anciens ministres, comme John McCallum et Ralph Goodale, pour assurer l'intérim d'ici à un éventuel congrès à la direction.

Or, pendant que le chef réfléchit, la machine à rumeurs va bon train et la liste des candidats pressentis à la direction du parti s'allonge. Après l'ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick Frank McKenna et l'ex-ministre des Affaires étrangères John Manley, les noms s'accumulent sur la liste des candidats potentiels, dont Bob Rae, Michael Ignatieff, Denis Coderre ainsi que Justin Trudeau.

Grogne larvée au PLC

Stéphane Dion

Photo: La Presse Canadienne /Ryan Remiorz

Stéphane Dion

L'ancien ministre de l'Immigration et député d'Eglinton-Lawrence en Ontario, Joe Volpe, a déclaré au quotidien italophone de Toronto Corriere Canadese que Stéphane Dion devrait annoncer le plus tôt possible à ses militants qu'il ne dirigera pas le Parti libéral aux prochaines élections en ajoutant qu'il serait préférable qu'une course à la direction du parti se tienne le plus tôt possible.

Plus tard en journée, Joe Volpe a précisé son point de vue sur les ondes de CTV Newsnet en déclarant à propos de Stéphane Dion: « Les circonstances étant ce qu'elles sont, je pense que la meilleure chose qui puisse arriver pour le parti, et même pour M. Dion, est qu'il nous signale ses intentions le plus rapidement possible ».

Joe Volpe, qui a lui-même été candidat à la direction du PLC en 2006, a ajouté que, stratégiquement, c'était le moment d'opérer des changements à la tête du parti qui a connu l'une de ses pires performances électorales mardi dernier en ne récoltant que 76 sièges au Parlement.

« Il est temps pour le parti de recommencer son processus de reconstruction. Clairement, il apparaît évident que personne ne va lui donner la chance de faire cette reconstruction et j'aimerais qu'il parte avec dignité », a ajouté M. Volpe sur les ondes de CTV.

Les députés Jim Karygiannis, élu dans Scarborough-Agincourt, à Toronto, et Scott Andrews, nouvellement élu dans Avalon, à Terre-Neuve-et-Labrador, ont également réclamé le départ du chef libéral.

Un pavé dans la mare

Joe Volpe aux côtés de Stéphane Dion lors de jours meilleurs

Photo: La Presse Canadienne /Tom Hanson

Joe Volpe aux côtés de Stéphane Dion, peu de temps après son accession à la direction du PLC, en décembre 2006. (archives)

La sortie du député Volpe n'a pas plu à plusieurs libéraux.

« Je ne suis pas en accord avec ce qu'il a dit », a réagi la députée Martha Hall Findlay dans les pages de La Presse, au sujet de son collègue Joe Volpe. « mais, au moins, il a eu le courage de le dire ouvertement. Je ne suis pas impressionnée, actuellement, par le nombre de personnes dans le parti qui se cachent derrière l'anonymat pour exprimer leur opinion », a reconnu la députée ontarienne.

Le député libéral Wayne Easter s'est aussi porté à la défense de Stéphane Dion. (Lisez l'article)

Dans l'entourage de Stéphane Dion, on affirme qu'il poursuit ses réflexions sur l'avenir de sa carrière politique et de son parti.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne et La Presse