La machine s'emballe, avertit le PQ

Le porte-parole péquiste en matière de Santé, Bernard Drainville, presse le gouvernement du Québec d'abroger un règlement de la loi 33 qui accorde un rôle accru à la médecine privée dans le système de santé québécois.

Inquiet de la multiplication des projets de cliniques privées au Québec, le porte-parole péquiste en matière de santé somme le gouvernement Charest d'abroger la loi 33 pour endiguer le phénomène.

Bernard Drainville Le porte-parole péquiste en matière de santé, Bernard Drainville

Selon Bernard Drainville, il ne se passe plus une semaine sans qu'on apprenne l'existence d'un nouveau projet de cliniques privées au Québec où le recours à ces cliniques par des hôpitaux publics pour réaliser des chirurgies.

Le responsable de cette situation serait l'ancien ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, qui aurait ouvert la porte au privé dans le système de santé québécois précise Bernard Drainville.

Lors d'un point de presse donné jeudi devant la clinique de santé privée Rockland MD, à Ville Mont-Royal, le député du Parti québécois a exhorté le ministre de la Santé Yves Bolduc de légiférer pour freiner l'intrusion du privé dans le système de santé québécois.

« Le ministre Yves Bolduc doit mettre fin à cette hémorragie et pour ce faire, il doit abroger dès maintenant les dispositions réglementaires de la loi 33 qui favorisent le développement des cliniques privées [...] Actuellement, il n'y a aucune balise claire pour encadrer le rôle du privé en santé. Au contraire, on assiste de plus en plus à un développement d'un réseau privé de remplacement », a déclaré le député de Marie-Victorin.

Soulignant les ratés et les problèmes provoqués par la loi 33 dans le système de santé, Bernard Drainville a rappelé, à titre d'exemple, qu'à l'Hôpital Sacré-Coeur, deux salles d'opération sont inutilisées alors que la direction de l'établissement a recours à une clinique privée pour accomplir des chirurgies plutôt que d'utiliser se propres ressources.

Les Québécois investissent plus de 26 milliards de dollars par années dans leur système de santé, ajoute Bernard Drainville, qui a conclu qu'ils avaient le droit d'en avoir pour leur argent.

Jugement Chaoulli

Le projet de loi 33 a été présenté par le gouvernement Charest en 2006 à la suite du jugement Chaoulli de la Cour suprême du Canada. Selon le plus haut tribunal du pays, l'interdiction faite aux Québécois d'obtenir une assurance privée pour s'offrir des soins déjà couverts par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) contrevenait aux dispositions de la Charte québécoise des droits et libertés.

Compte tenu des listes d'attentes de plusieurs mois pour obtenir certaines chirurgies au Québec, la loi 33 visait à modifier la Loi sur la santé et les services sociaux pour garantir aux Québécois une intervention chirurgicale dans un délai n'excédant pas neuf mois.

Pour atteindre cet objectif, le gouvernement avait annoncé la mise en place d'un système standardisé de gestion des listes d'attente et la création d'un réseau de cliniques spécialisées affiliées à des hôpitaux pour réaliser des chirurgies.

Le gouvernement Charest avait également permis au Québécois de contracter une assurance privée, mais seulement pour des interventions chirurgicales au genou, à la cataracte ou à la hanche.