Un laissez-passer pour les débats

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Emmanuelle Latraverse parle de cette effervescence presque électorale.

Le député indépendant britanno-colombien Blair Wilson se joint au Parti vert du Canada et devient ainsi leur premier représentant aux Communes.

Il s'agit d'une première au pays. Le Parti vert du Canada compte un député à la Chambre des communes.

Il s'agit de Blair Wilson, député indépendant de la circonscription de Vancouver Ouest - Sunshine Coast - Sea to Sky Country, en Colombie-Britannique, qui était autrefois avec les libéraux. Il a annoncé samedi qu'il se joignait à la formation politique environnementaliste.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, considère qu'avec ce coup d'éclat, le fait d'avoir un élu au parlement donnera un argument de plus à sa formation pour participer aux débats des chefs présentés lors des campagnes électorales.

Elle espère ainsi que ce sera le cas lors de la prochaine élection fédérale. D'ailleurs, plusieurs indices indiquent qu'elles pourraient être déclenchées sous peu.

Elizabeth May La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May

Un argument

Lors des dernières élections, les verts avaient dénoncé leur exclusion de ce débat par les réseaux de télévision. Pour admettre un chef à cet événement charnière dans une campagne électorale, le consortium des médias affirmait qu'il faut avoir au moins un député élu aux Communes.

C'est pourquoi, en conférence de presse, c'est une Elizabeth May triomphante qui a indiqué qu'il n'y avait plus de raison pour refuser la participation des verts lors d'un tel débat.

Mme May a notamment rappelé que l'ancien chef réformiste Preston Manning avait participé au débat télévisé de 1993, même si son parti n'était représenté aux Communes à l'époque que par une seule député, Deborah Grey.

« Mais maintenant, avec un député du Parti vert dans la Chambre des communes, je pense que la question est absolument conclue avec la réponse, oui. Je vais devenir un participant dans les débats. » — Elizabeth May

Mais les conservateurs ne voyaient pas la situation du même oeil, samedi. Le directeur des communications du premier ministre Stephen Harper, Kory Teneycke, a rappelé l'entente existante entre le chef libéral Stéphane Dion et la chef des verts en vertu de laquelle les libéraux ne présenteront pas de candidat dans la circonscription qu'elle convoite, Nova-Centre en Nouvelle-Écosse, lors des prochaines élections. Cette circonscription est détenue par le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay.

« Nous croyons qu'il ne doit y avoir qu'un seul candidat libéral au débat des chefs. » — Kory Teneycke, directeur des communications de Stephen Harper

Un autre porte-parole du premier ministre Harper, Dimitri Soudas, a ajouté que Stéphane Dion ne pouvait pas « amener une sosie pour l'aider dans le cadre du débat ».

Un ancien libéral

Blair Wilson est un ancien libéral qui a été élu sous cette bannière en Colombie-Britannique en janvier 2006. Il l'avait emporté par moins de 1000 voix sur le conservateur John Weston. La candidate des verts à ce moment, Silvaine Zimmermann, n'avait récolté qu'un peu plus de 6 % des votes dans la circonscription.

En octobre dernier, M. Wilson a démissionné du caucus en raison d'allégations voulant qu'il ait enfreint la loi électorale. Comptable de formation, il a admis ne pas avoir déclaré des dépenses de plus de 9000 $ auprès d'Élections Canada, un geste qu'il attribue à une erreur de jugement. Élections Canada l'a innocenté dans cette affaire.

Pourtant, en juillet dernier, Blair Wilson disait qu'il souhaitait retourner au sein de la formation libérale.