Même si les élections fédérales ne sont pas encore déclenchées, les conservateurs de Stephen Harper lancent de nouvelles publicités télévisées.
À quelques jours du déclenchement attendu d'élections générales, les conservateurs lancent de nouvelles publicités télévisées et Stephen Harper rencontre deux chefs de l'opposition.
Contrairement aux campagnes précédentes où, souvent, on s'en prenait à la crédibilité du chef libéral, cette fois-ci il s'agit de publicité positive.
Le premier ministre et ses ministres québécois vantent les réalisations conservatrices.
Ils disent qu'on a rétabli l'obligation de rendre des comptes, réglé le déséquilibre fiscal, reconnu la nation québécoise, que le gouvernement verse 100 $ par mois aux parents qui ont de jeunes enfants et que la TPS a été diminuée de 7 % à 5 %. Le slogan: « Le Québec prend des forces ».
Dans le reste du pays, la publicité met en vedette des Canadiens qui vantent les mérites des conservateurs.
Ces publicités pré-électorales sont d'autant plus valorisantes pour les conservateurs qu'elles ne sont pas comptabilisées dans les dépenses électorales.
Le Parti conservateur jouit donc d'une bonne avance par rapport aux autres partis, puisqu'il est le seul à connaître la date des élections.
Peu importe, le chef du parti libéral, Stéphane Dion, a déclaré, jeudi, que son organisation était prête pour des élections générales. Il a toutefois refusé de dire combien de candidats avaient été choisis au Québec. Il se limite à répéter que ses troupes sont plus déterminées que jamais à combattre les politiques du gouvernement Harper, qu'il qualifie de droite.
Cette déclaration a d'ailleurs piqué au vif le premier ministre Harper, qui a répliqué que M. Dion était très à gauche, plus à gauche même que Pierre Trudeau, ce qui expliquerait, selon lui, que le Parlement fonctionne si mal.
Pour sa part, la lieutenante de Stéphane Dion au Québec, la sénatrice Céline Hervieux-Payette, assure que le Parti libéral pourra compter sur plusieurs candidats de grande valeur qui n'attendent que le déclenchement des élections pour se manifester.
Il y a 11 députés libéraux fédéraux au Québec, le même nombre que le Parti conservateur. Le Bloc québécois détient 48 sièges, le NPD un seul.
Rencontres au sommet
De son côté, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a accepté de rencontrer le premier ministre Stephen Harper, vendredi, pour discuter de la prochaine session parlementaire.
©
Luc Lavigne
« Je vais écouter ce qu'il a à me dire. De part et d'autre, nos cabinets se parlaient. On n'a pas cessé de se parler. Ce qui a changé, c'est qu'on était libres tous les deux au même moment. [...]C'est lui qui a fait l'invitation. Je vais l'écouter avec responsabilité. Qu'a-t-il à dire ? Je vais là de bonne foi et on écoutera ce que M. Harper a à dire. Est-ce qu'il y a des terrains d'entente possible? C'est à M. Harper de me le dire. C'est lui qui invite les chefs d'opposition », a dit M. Duceppe en point de presse, jeudi.
Le premier ministre avait demandé aux chefs des trois partis d'opposition de le rencontrer avant la reprise de la session d'automne, le 15 septembre, pour évaluer si le Parlement pouvait travailler efficacement. Il cherchait l'appui d'au moins un parti d'opposition pour faire fonctionner le Parlement, à défaut de quoi, il pourrait déclencher des élections.
Aucune rencontre n'est prévue entre le chef libéral, Stéphane Dion, et le chef conservateur. Mais il y a peu de chances que le Bloc ou le NPD acceptent une « alliance » avec les conservateurs.
Jack Layton
M. Duceppe a déjà dit que le Bloc présenterait une motion de censure dès la première occasion à la reprise des travaux parlementaires, à moins, bien sûr, que le gouvernement ne change son comportement. Le chef néo-démocrate, Jack Layton, qui doit rencontrer le premier ministre samedi, tient un discours semblable à celui de M. Duceppe.
En fait, les deux partis ont dit qu'ils étaient prêts à renverser le gouvernement à la prochaine occasion.
Stephen Harper ne s'attend pas non plus à grand-chose de ces rencontres, et il a indiqué, mardi, qu'il n'allait peut-être pas attendre d'avoir rencontré tous les chefs avant de déclencher des élections générales.
Jeudi matin, le chef des libéraux a toutefois déclaré qu'il était prêt à négocier avec le premier ministre, même si aucune date n'a été fixée.
Stéphane Dion
« On ne va pas négocier ça à travers les médias. Les deux bureaux se parlent. J'ai été très surpris d'apprendre par les médias que M. Harper était impatient envers moi. Ils auraient pu nous le dire. Ils n'ont jamais signifié cela. Ils jouent un jeu, c'est évident. Et ces rencontres sont pour lui une façon de sauver la face », a dit M. Dion.
Les résultats d'un sondage, publié mercredi, démontraient la remontée des conservateurs dans les intentions de vote au Québec. Ils sont actuellement au coude-à-coude avec le Bloc québécois.