Lundi 13 février 2012 18 h 31 HNE
![]() PolitiqueÉlections fédérales Harper plus prêt que jamaisMise à jour le mercredi 27 août 2008 à 11 h 10
Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a répété en conférence de presse, mardi matin, que le Parlement n'était plus fonctionnel et que la solution à une bonne gouvernance semblait passer par des élections, sans toutefois donner plus de précisions. Même si les partis d'opposition sont prêts à rencontrer le premier ministre du Canada avant la reprise de la session le 15 septembre, Stephen Harper affirme que ce n'est pas suffisamment tôt, qu'ils ne semblent pas vraiment empressés, et que ça démontre que les partis d'opposition ne sont pas prêts à faire fonctionner le gouvernement. Il a répété que plusieurs projets de loi étaient bloqués et que le programme économique des partis d'opposition, particulièrement celui des libéraux, différait trop de celui du gouvernement minoritaire conservateur. « Ça indique une différence fondamentale entre le gouvernement et les partis d'opposition, et surtout Stéphane Dion qui a proposé un programme économique différent. [...] Si on n'a pas un front commun, c'est possible que la population doive se prononcer », a dit M. Harper. Quand les journalistes lui ont demandé s'il avait le goût de déclencher des élections, il a répondu qu'il avait toujours voulu gouverner le pays aussi longtemps que possible, mais que cela semblait impossible en raison des différences de vue avec l'opposition. Ce n'est pas une question de goût, c'est une question de réalité. — Stephen Harper Le premier ministre affirme toutefois qu'il n'a pas encore pris de décision sur le déclenchement des élections. Un signe qu'il y pense cependant: le bureau du premier ministre a annoncé mardi que la gouverneure générale Michaëlle Jean ne serait pas aux cérémonies d'ouverture des Jeux paralympiques à Pékin, prévues le 6 septembre prochain. Dans le système parlementaire, le premier ministre doit demander à la gouverneure générale de dissoudre la Chambre des communes pour déclencher des élections. Réaction libérale En point de presse, le chef de l'opposition officielle, Stéphane Dion, a de nouveau accusé Stephen Harper de fabriquer de toutes pièces une situation d'urgence pour justifier le déclenchement d'élections. Le chef libéral a réfuté les affirmations du premier ministre selon lesquelles il est incapable de fixer un rendez-vous avec les chefs des partis d'opposition. M. Dion soutient que les libéraux avaient déjà proposé une rencontre mardi, mais que M. Harper avait refusé, puis accepté, mais il était trop tard pour changer l'horaire, selon le chef libéral. Il affirme que le premier ministre n'est pas sérieux lorsqu'il dit vouloir rencontrer les partis d'opposition pour savoir si le Parlement peut fonctionner. « La façon dont ils travaillent montre que de toute façon, pour eux, ces rencontres avec les chefs d'opposition sont une façon de sauver la face afin de justifier le fait qu'il va encore une fois renier sa promesse. Sa promesse étant qu'il n'y aurait pas d'élection anticipée venant de la part du gouvernement », a expliqué M. Dion. Le BQ n'est pas d'accord De passage à Matane, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a pris très au sérieux la possibilité que le premier ministre déclenche lui-même des élections en septembre. Il rejette toutefois le prétexte invoqué par Stephen Harper, qui réitère que le gouvernement fédéral est devenu ingouvernable à cause des partis d'opposition. Pour le chef du Bloc, c'est plutôt l'obstruction systématique des députés conservateurs qui est en cause. Le PLQ et l'ADQ neutres, mais pas indifférents La possibilité du déclenchement d'élections à Ottawa retient également l'attention des partis politiques québécois. Si le Parti québécois offre traditionnellement son appui au Bloc québécois, le gouvernement libéral de Jean Charest et l'opposition adéquiste n'entendent appuyer aucun parti lors d'une éventuelle campagne fédérale. « Depuis la nuit des temps, chez nous, au Parti libéral du Québec, on est un parti indépendant des partis politiques fédéraux. Il n'y aura pas d'appui à aucun autre parti politique qui sera dans l'arène fédérale. S'il y a des gens chez nous qui choisissent d'être actifs pendant la campagne électorale fédérale, ils le feront à titre personnel », a déclaré le premier ministre du Québec. Mais Jean Charest entend bien continuer de veiller sur les intérêts du Québec. « Au-delà des partis politiques, il y a des enjeux qui touchent le Québec et au besoin, on aura l'occasion de se prononcer », a précisé le premier ministre. Point de vue d'un ex-diplomate Pour sa part, l'ancien ambassadeur canadien Raymond Chrétien croit qu'un déclenchement rapide d'élections serait bien avisé, puisque le vent de changement qui pourrait souffler en cas de victoire de Barack Obama à la présidentielle américaine ne serait pas nécessairement favorable aux conservateurs. « Si j'étais son conseiller, je lui dirais: Monsieur le premier ministre, il vaut mieux y aller avant les élections américaines qu'après », a dit M. Chrétien sur les ondes du Réseau de l'information, mardi. Géocartographier l'extrême NordSi toutes les questions des journalistes ont porté sur le déclenchement des élections, le premier ministre avait d'abord convoqué la presse, mardi matin, pour annoncer un investissement sur cinq ans pour établir la cartographie géologique de l'énergie et des minéraux de l'extrême Nord canadien. Déterminé plus que jamais à établir la souveraineté canadienne sur les eaux arctiques, le premier ministre entreprend mercredi une tournée dans le Grand Nord. Il s'agit de sa troisième tournée en trois ans dans cette région.
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25 février 2008 * Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes
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