Réchauffement préélectoral

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Stephen Harper devant des partisans conservateurs à Mississauga   © PC/Jim Ross

Le premier ministre Harper continue de mettre l'opposition au défi de le renverser. Pour sa part, Gilles Duceppe livre une charge contre Stephen Harper, qu'il accuse de saccager les valeurs du Québec.

Lundi à Mississauga, le premier ministre Stephen Harper a vanté le bilan législatif de son gouvernement minoritaire et a rappelé notamment les investissements réalisés dans des projets d'infrastructure pour la grande région de Toronto.

Le premier ministre a laissé entendre la semaine dernière qu'il pourrait déclencher des élections pour en finir avec un Parlement qu'il estime dysfonctionnel. Il est cependant lié par la loi qu'il a fait adopter, et qui fixe les élections à date fixe, les prochaines devant avoir lieu en octobre 2009.

Stephen Harper a profité du début de sa tournée de quatre villes ontariennes, où diverses annonces sont prévues, pour attaquer son adversaire libéral Stéphane Dion, et son refus répété de renverser le gouvernement. « Les prochaines élections ne sont pas prévues avant octobre 2009 et, qui sait, M. Dion pourrait vouloir attendre encore plus longtemps. Cela est devenu tout un téléroman », a déclaré M. Harper devant environ 400 partisans.

Pourtant, le Parlement a adopté pas moins de 29 projets de loi entre le début de la présente session parlementaire, en octobre 2007, et juin dernier. Toutefois, certains autres projets plus controversés ont été bloqués par le Sénat à majorité libérale. Et à la Chambre des communes, les libéraux se sont abstenus de voter à plusieurs reprises sur des questions de confiance.

« Il y a environ trois semaines, j'ai finalement dit à M. Dion qu'il était temps de se décider (to fish or cut bait, c'est-à-dire de pêcher ou de rejeter l'appât). Au lieu de prendre une décision, il est réellement allé à la pêche », a ironisé Stephen Harper, lundi. Le premier ministre poursuivra sa tournée à Hamilton, à London et à Kitchener, mardi.

Le chef de l'opposition officielle, le libéral Stéphane Dion, a indiqué samedi qu'il était prêt à en découdre avec le chef conservateur. Alors qu'il accompagnait son candidat Marc Garneau dans la circonscription Wesmount - Ville-Marie, il a ajouté qu'il laissait l'initiative à son adversaire. Stéphane Dion a été plusieurs fois critiqué au cours de la dernière année pour avoir permis au gouvernement de survivre malgré les positions libérales.

Duceppe se positionne

Gilles Duceppe

Pendant ce temps, le chef bloquiste a donné un parfum électoral à son allocution, lundi, devant les syndiqués des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce.

Il a déclaré que la politique de droite du gouvernement conservateur saccageait les valeurs du Québec en matière d'économie, de culture, et d'environnement. Il accuse Stephen Harper d'avoir reconnu le Québec comme une nation à de seules fins électorales, puisque cette déclaration n'a pas de prise dans la législation.

Le porte-parole du premier ministre Dimitri Soudas a réagi en faisant valoir que les conservateurs ont tenu leurs promesses, notamment en ce qui concerne le règlement du déséquilibre fiscal, la participation du Québec à l'UNESCO et la réduction des taxes et des impôts.

Gilles Duceppe définit le Bloc comme seul interlocuteur des valeurs et des intérêts du Québec sur la scène fédérale.

La déclaration du chef bloquiste intervient alors que des informations publiées dimanche dans La Presse indiquent que le parti conservateur jouera la carte de l'unité nationale durant la prochaine campagne électorale.

Un stratège conservateur, que le quotidien montréalais ne nomme pas, dit que « les Québécois auront à choisir entre un parti souverainiste (le Bloc québécois), un parti de la centralisation (le Parti libéral), ou un parti de la nation (le Parti conservateur) ».

Dimanche, le premier ministre Harper a annoncé une quatrième élection partielle, le 22 septembre, dans la circonscription ontarienne de Don Valley Ouest, détenue par le libéral John Godfrey, jusqu'à sa démission le 1er août dernier. Trois autres partielles auront lieu en septembre, dans Saint-Lambert, Wesmount - Ville-Marie et Guelph.