Québec annonce ses choix

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Garderie (archives)

La ministre québécoise de la Famille, Michelle Courchesne, a annoncé mardi la répartition des quelque 18 000 places en garderie supplémentaires que le gouvernement Charest s'est engagé à créer d'ici septembre 2010.

Les 18 000 nouvelles places en services de garde, prévues pour 2008-2010, se répartiront sur l'ensemble du territoire québécois. Le Parti québécois juge la mesure insuffisante.

Voici un aperçu rapide de cette répartition:

  • Montréal: 4682 places
  • Montérégie: 3567 places
  • Laval: 1355 places
  • Laurentides: 1331 places
  • Chaudière-Appalaches: 1253 places
  • Québec: 849 places
  • Outaouais: 786 places
  • Lanaudière: 757 places
  • Centre-du-Québec: 730 places
  • Estrie: 476 places
  • Saguenay-Lac-Saint-Jean: 302 places
  • Mauricie: 286 places
  • Bas-Saint-Laurent: 210 places
  • Abitibi: 174 places
  • Côte-Nord: 152 places
  • Gaspésie: 149 places

La ministre Courchesne a précisé que 575 places seront créées spécifiquement dans les communautés autochtones, tel que le gouvernement s'y est engagé au sommet de Mashteuiatsh. Le ministère ajoute que des places seront aussi créées dans le Nord-du-Québec, bien que leur répartition exacte n'ait pas encore été annoncée.

« Toutes les régions reçoivent des places, mais les régions où les besoins sont plus criants ont été privilégiées », a souligné Michelle Courchesne, en précisant que son ministère a tenu compte des analyses soumises par les conférences régionales des élus.

Sur les 18 000 places annoncées, 3000 seront créées dès septembre et 2000 autres le seront d'ici la fin de l'année financière voire, si tout se passe bien, d'ici Noël. Quelque 6000 places seront créées en 2009-2010 et 7000 autres lors des cinq premiers mois de l'exercice financier 2010-2011.

Québec dit avoir reçu 1902 réponses à son appel d'offres et avoir retenu 487 projets. Cinq critères ont particulièrement été pris en considération. Les voici avec, entre parenthèses, le pourcentage des projets retenus qui y répondent:

  • flexibilité de l'offre de services (98 %);
  • l'intégration d'enfants handicapés (80 %)
  • l'accueil d'enfants défavorisés (78 %);
  • l'accueil des poupons (76 %);
  • l'intégration d'enfants de familles immigrantes (65 %);
  • l'offre de services de garde en milieu de travail ou d'études (36 %).

Le gouvernement Charest soutient qu'à terme, il aura créé 55 000 places depuis son élection, en 2003. La province comptera ainsi 220 000 places en garderie, dont 42 % en milieu familial.

Le site du ministère de la Famille détaille les nouvelles places qui seront créées par région, par service de garde et par année.

Pas assez, dit le PQ

Le Parti québécois soutient que l'annonce du gouvernement est insuffisante pour répondre aux besoins sur le terrain. Le député de Gouin et porte-parole du PQ en matière de famille et de services de garde, Nicolas Girard, déplore que seulement 3000 nouvelles places seront créées dès septembre. Selon lui, cela privera toujours quelque 70 000 parents d'une place en garderie pour leur enfant.

M. Girard rappelle que les Conférences régionales des élus avaient chiffré à 38 000 le nombre de places manquantes en garderies, beaucoup plus que les 18 000 annoncées par le gouvernement Charest.

Le député péquiste déplore aussi que seulement 19 % des nouvelles places soit accordées aux poupons, alors que le Québec connaît une hausse significative des naissances, qu'il a qualifiée de mini-baby-boom.

L'Association québécoise des CPE a accueilli favorablement l'annonce du gouvernement. La présidente de l'Association, Johanne Roy, se réjouit que les CPE aient obtenu la majeure partie des nouvelles places. Elle rappelle cependant qu'il manque toujours au moins 15 000 places pour répondre aux besoins.

L'Association des garderies privées du Québec (AGPQ) a elle aussi bien réagi à l'annonce de Québec, même si elle aurait souhaité plus de places. L'AGPQ salue le fait que le gouvernement ait décidé de faire passer l'échéancier de quatre à deux ans pour créer les places.