À Québec, à l'issue d'une rencontre avec Jean Charest, le premier ministre de la France, François Fillon, a dû se défendre devant la presse d'avoir fait allusion au « Vive le Québec libre » du général de Gaulle, dans son discours de jeudi, lors des cérémonies officielles du 400e anniversaire de Québec.
Tandis que les premiers ministres Fillon et Charest annoncent plusieurs accords de coopération, M. Fillon doit se défendre d'avoir fait allusion au « Vive le Québec libre » dans un discours jeudi.
François Fillon
Le premier ministre français a aussi qualifié plusieurs fois le Québec de pays pour parler des relations entre le Québec et la France.
M. Fillion a précisé qu'il voulait tout simplement rappeler un fait historique important. Il s'est défendu d'avoir voulu créer un incident diplomatique, et il est revenu sur son discours pour admettre qu'il aurait été plus juste de parler de nation.
Il maintient toutefois que son allusion au général de Gaulle était justifiée. Pour lui, de Gaulle est plus que le célèbre « Vive le Québec libre », il incarne aussi le début d'une grande coopération entre la France et le Québec.
« Il n'est pas anormal lorsque l'on vient évoquer le 400e anniversaire de la fondation de Québec qu'on évoque aussi un événement historique qui a eu pour effet de braquer les projecteurs sur la relation franco-québécoise », a-t-il dit.
Ce avec quoi Jean Charest semblait d'accord en disant qu'il fallait « se décoincer dans la relation, on peut parler du général de Gaulle sans chaque fois tomber dans les traumatismes du passé ».
De son côté, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a dit que les mots de François Fillon étaient réconfortants et même doux à ses oreilles.
Signature de plusieurs accords
Les deux premiers ministres ont profité de leur rencontre pour signer des accords de coopération sur plusieurs sujets, dont la reconnaissance des qualifications professionnelles entre le Québec et la France.
François Fillon et Jean Charest
Cet accord touchera des domaines comme la médecine, l'architecture, la construction et l'artisanat.
Les deux premiers ministres ont reconnu la difficulté d'arriver à un tel accord, en raison des « résistances » des ordres professionnels aussi bien au Québec qu'en France.
M. Charest a annoncé que cette entente sera concrétisée lors de la visite du président français, Nicolas Sarkozy, en octobre prochain.
Les deux premiers ministres ont également annoncé la mise en place d'un groupe de travail franco-québécois sur la question de l'environnement.
Par ailleurs, on a annoncé le lancement des négociations d'un accord transatlantique entre le Canada et l'Union européenne.
Dans la foulée, un accord dans les secteurs universitaires, de la santé et de la coproduction cinématographique ont été aussi signés entre la France et le Québec
Énergie nucléaire
De passage à Montréal, François Fillon a présenté l'énergie nucléaire comme une façon de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) afin de lutter contre les changements climatiques. Plus précisément, il a fait référence à l'extraction du pétrole des sables bitumineux de l'Alberta.
À l'heure actuelle, du gaz naturel est employé pour extraire et chauffer le bitume albertain. Ce processus génère beaucoup plus de GES que la production conventionnelle de pétrole.
De plus, le premier ministre français a dit que son pays voit le Québec comme un allié pour convaincre le Canada et les États-Unis de faire plus d'efforts pour réduire leurs émissions de GES.
Avec 58 réacteurs, la France possède le deuxième parc de centrales nucléaires au monde.