VLB écorche Michaëlle Jean

Victor-Lévy Beaulieu Victor-Lévy Beaulieu

Dans un pamphlet publié dans L'Aut'Journal et intitulé « La Reine-Nègre », l'écrivain souverainiste Victor-Lévy Beaulieu s'en prend vivement à la gouverneure générale.

Dans un brûlot intitulé « La Reine-Nègre » et publié dans L'Aut'Journal, l'écrivain Victor-Lévy Beaulieu n'est pas allé de main morte pour égratigner la gouverneure générale, Michaëlle Jean.

Après avoir souligné l'accent « pointu » et le style « maniéré » de l'ancienne journaliste de Radio-Canada, VLB écrit que Mme Jean a été nommée au poste de gouverneure générale, car elle « était Noire, jeune, jolie, ambitieuse, et à cause de son mari, sûrement nationaliste aussi [...] ».

L'écrivain souverainiste estime que « Michaëlle Jean fut donc une bonne prise pour le gouvernement canadian: la petite reine noire de Radio-Canada trouva vite plus agréable de trôner dans le fauteuil à braquettes dorées du gouverneur-général du Canada, en Reine-Nègre accomplie, au service d'un régime cherchant à tout prix à faire du multiculturalisme la pierre d'assise du pays ».

Leçons d'histoire

Michaëlle Jean reçue à l'Élysée Michaëlle Jean reçue à l'Élysée   © AFP/ERIC FEFERBERG

Visiblement irrité par la récente visite de la gouverneure générale en France, où elle a eu droit à un accueil chaleureux, Victor-Lévy Beaulieu écrit que « venant elle-même d'une nation qui a eu beaucoup à souffrir de l'esclavagisme, la Reine-Nègre aurait dû savoir qu'en France, la traite des Noirs était interdite déjà par une ordonnance royale du 8 janvier 1817 ».

Poursuivant son exposé, il joute qu'« elle [Michaëlle Jean] aurait dû savoir et faire savoir également au président Nicolas Sarkosy que les Français se sont quand même livré au trafic d'esclaves jusqu'à la guerre de Sécession aux États-Unis, en dépit de l'ordonnance de 1817 et de la loi de 1847 ».

Victor-Lévy Beaulieu précise que les Français n'ont cessé le trafic d'esclaves que vers 1865, et « ce n'est ni par courage ni au nom du respect des droits de l'homme, mais sous la pression des colonisateurs français du Brésil et de Cuba qui y possédaient de riches plantations qu'ils avaient peur de perdre, parce qu'on y importait trop de nègres et que ceux-ci risquaient de devenir bientôt une majorité qu'on ne pourrait plus contrôler ».

VLB se défend, les bloquistes s'indignent

Le pamphlétaire, qui a coupé les ponts avec le Bloc québécois et le Parti québécois, se défend de verser dans le racisme en signant un tel brûlot. Il explique que l'usage de l'expression reine-nègre est une allusion aux rois-nègres que les colonisateurs français utilisaient jadis pour contrôler des pays d'Afrique. Pour lui, il n'y a « rien de pire qu'un colonisé qui devient colonisateur ».

« Ça n'a aucun rapport avec le racisme, ça juste un rapport avec quelqu'un qui dit: cette femme-là qui est censée faire cette job-là ne la fait pas comme elle devrait être faite, et j'ai le droit de la dénoncer », explique le polémiste.

Vivian Barbot Vivian Barbot

Le chef du Bloc québécois ne l'entend pas de cette oreille. Gilles Duceppe soutient qu'il est « impardonnable » de s'attaquer à une personne, « qui est une personne de valeur », même s'il est, selon lui, de bonne guerre de critiquer la fonction qu'elle occupe. « Moi, je ne critique pas Mme Jean, l'institution certes. Il faut faire la différence entre les deux », dit-il.

Pour sa part, Vivian Barbot, députée bloquiste d'origine haïtienne, estime qu'« il faut, dans la société québécoise, montrer clairement que nous n'acceptons pas de telles dérives, qu'elles soient de M. Levy Beaulieu ou de qui que ce soit ». Pour Mme Barbot, la communauté noire prend cette sortie comme une attaque.

Michaëlle Jean, qui était de passage samedi à Saint-Jean-sur-Richelieu, a refusé de faire des commentaires sur cette polémique.

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