Jean Charest reçu par Nicolas Sarkozy
©
AFP/Éric Feferberg
Le premier ministre du Québec s'est entretenu à l'Élysée avec le président français. Les deux hommes ont parlé notamment de mobilité de la main-d'oeuvre, de libre-échange et des relations franco-québécoises.
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a été reçu lundi à l'Élysée par le président français, Nicolas Sarkozy, lors d'un entretien de 45 minutes.
Les deux hommes ont discuté des relations entre la France et le Québec. Une bonne part de l'entretien a été occupé par l'avenir des relations franco-québécoises et de la célèbre formule de « non-ingérence, non-indifférence ». De plus, les questions de mobilité de la main-d'oeuvre et de libre-échange ont été abordées.
Une relation unique au monde
Après sa rencontre avec le président français, le premier ministre Charest a affirmé que le Québec et la France entretiennent une relation privilégiée et unique au monde.
Cette insistance fait écho aux déclarations du 8 mai dernier. Le président Sarkozy avait alors assuré que la France était très proche du Québec, mais aussi qu'elle aimait « beaucoup le Canada ».
Jean Charest a indiqué qu'il a eu une bonne discussion sur le sujet avec le président français, qualifiant la relation entre le Québec et la France de directe. Selon lui, cette relation est actuellement à un sommet et elle en atteindra de nouveaux cette année.
En effet, le Sommet de la Francophonie, qui se tiendra à Québec en octobre prochain, sera présidé par Nicolas Sarkozy. Ce sera l'occasion pour lui d'apporter des précisions sur les relations entre la France et le Québec.
Jean Charest lors d'un point de presse à Paris
Des accords
Avant son entretien avec Nicolas Sarkozy, Jean Charest a fait savoir qu'il voulait conclure avec la France un accord pour faciliter l'immigration des Français au Québec.
« Nous voulons conclure [cet accord] pour le mois d'octobre prochain [...]. Le 12e Sommet de la Francophonie à Québec sera l'occasion pour nous de signer cette entente historique », a déclaré le premier ministre.
Il a ajouté que les deux parties négociaient actuellement « de manière très intensive cet accord », qui porte sur la reconnaissance des qualifications professionnelles, a-t-il ajouté.
Jean Charest a rappelé qu'en raison du vieillissement de sa population, le Québec est confronté à une pénurie de main-d'oeuvre. D'où, a-t-il dit, l'intérêt de « s'ouvrir » et de créer avec la France un « espace de mobilité [qui] nous permettra d'avoir accès aux meilleurs cerveaux ».
Des échanges
Jean Charest a également exprimé sa volonté de conclure un accord transatlantique entre l'Union européenne (UE) et le Canada « dans deux ans maximum ». Il a expliqué qu'il s'agissait d'une « occasion stratégique » pour l'Europe.
« Si vous voulez un rapprochement entre l'Union européenne et les Amériques, il est beaucoup plus facile et logique de négocier d'abord avec le Canada, avec qui vous partagez des valeurs communes, que de le faire avec les États-Unis », a plaidé le premier ministre.
Il a aussi reconnu que cet accord serait une occasion pour le Canada de diversifier ses échanges économiques dans « une période de ralentissement économique côté américain ».
Le premier ministre Charest a conclu son voyage de quatre jours en France en assistant à la première française du nouveau spectacle de Céline Dion. Elle se produit six soirs au Palais omnisports de Paris-Bercy, une salle de 15 000 places, qui n'était pas comble pour la première.
Mme Dion sera à son tour reçue à l'Élysée, jeudi, où elle recevra la Légion d'honneur des mains de Nicolas Sarkozy.