Malaise à Ottawa

Maxime Bernier et Julie Couillard, le 14 août 2007. Maxime Bernier et Julie Couillard, le 14 août 2007.

La relation qu'a entretenue le ministre des Affaires étrangères du Canada, Maxime Bernier, avec une femme que des médias et l'opposition ont liée aux motards criminels a encore monopolisé l'attention à Ottawa, jeudi.

Tandis que l'opposition continue de soulever des questions sur la relation entre le ministre des Affaires étrangères et une femme que certains ont liée aux motards criminels, les conservateurs rétorquent qu'il s'agit d'une affaire de vie privée.

Selon l'opposition, la relation entre M. Bernier et Julie Couillard soulève bien des questions, notamment au sujet de la sécurité nationale.

« Comme chef de la diplomatie canadienne, peut-il [M. Bernier] expliquer comment il a pu croire qu'une relation avec une personne ayant eu des liens avec le crime organisé serait sans conséquence? », a demandé le libéral Michael Ignatieff.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe a dit trouver très significatif qu'au moment de son assermentation comme ministre, le 14 août 2007, Maxime Bernier, qui s'y était présenté avec Mme Couillard, ait refusé d'en donner le nom. « Le ministre veut garder son nom secret, n'est-ce pas là la preuve qu'au moment de son assermentation, le ministre des Affaires étrangères était au courant du passé plutôt trouble de sa conjointe? », a-t-il indiqué.

Les vérifications faites par Radio-Canada auprès des policiers indiquent que Mme Couillard n'a jamais fait l'objet de quelque accusation que ce soit. Elle n'a jamais été considérée comme faisant partie d'un groupe criminel ou comme ayant des informations pertinentes sur les motards. Et rien n'indique que le ministre était au courant du passé de son amie d'alors.

« Pas de vos affaires », dit Bernier

Les conservateurs se sont portés à la défense de M. Bernier, soutenant que toute cette histoire était une affaire de vie privée.

Le premier ministre Stephen Harper a affirmé que la relation entre M. Bernier et Mme Couillard ne tire pas à conséquence.

Le premier ministre a d'ailleurs raillé le chef de l'opposition officielle et le chef bloquiste pour l'intérêt qu'ils portent à l'affaire.

« On m'a dit qu'un de mes ministres a une ancienne copine, ce n'est pas mon affaire, ce n'est pas l'affaire de M. Duceppe, ce n'est pas l'affaire de M. Dion », a-t-il déclaré jeudi, ajoutant que les deux hommes formaient un « groupe de copains potineux ».

Le ministre Bernier n'a fait pour sa part qu'un bref et cinglant commentaire sur l'affaire, qui se résume aussi à son avis à une simple question de vie privée.

« Jamais je n'aurai cru subir une attaque aussi mesquine de la part de l'opposition. C'est ma vie privée qui est en cause [...] Et la vie privée des gens n'est pas de vos affaires », a-t-il lancé, à l'ouverture des débats en Chambre, jeudi après-midi.